Le Havre, impressionniste et fauve >

Le grand Quai au Havre

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Le grand Quai au Havre

Claude Monet, Le grand Quai au Havre, 1874, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage

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Ce qui intéresse Monet dans la ville de sa famille où il se rend régulièrement, c'est la vie des quais, l'arrivée des grands bateaux et leurs reflets dans l'eau. Ici, de manière inhabituelle, c'est sur l'activité des docks qu'il focalise son attention. Envahissant tout le premier plan, elle repousse dans les lointains les mâts entremêlés, et laisse en partie de côté les effets de reflets. Notre attention est tout entière attirée par l'entassement des marchandises à l'avant-plan, auquel répond l'effet d'accumulation des grands navires à l'arrière de la composition. Et jusqu'à ce détail des pancartes affichant les destinations et les arrivées sur le quai. Ce motif industriel est tout à fait nouveau dans le genre du paysage et Monet l'un de ses premiers peintres. Reprenant l'idée de Manet de peindre la vie moderne de son temps, il la pousse jusqu'au bout en peignant ce type de motifs, annonciateur des Déchargeurs de charbon de 1875 ou le thème des trains dans la gare Saint-Lazare en 1877. Il fait de même sur les rives de la Seine, à Argenteuil, mêlant aux scènes de canotages, des aperçus de la banlieue industrielle. Ici, le tableau peint au Havre est remarquable par sa touche : rapide, légère. Elle incarne la recherche de rapidité d'exécution, indispensable pour capter le moment qui passe. Cette manière de peindre, par petites touches dans les premiers plans, tandis que le geste se fait plus ample dans l'arrière-plan, choque beaucoup ses contemporains. Dès 1874, lors de la première exposition impressionniste, beaucoup lui reprochent le non-fini de l'exécution.
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