Le Havre, impressionniste et fauve >

Le Casino Marie Christine

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Le Casino Marie Christine

Raoul Dufy, Le Casino Marie Christine, 1910, Le Havre, MuMa

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En 1910, dans la ville de son enfance, Dufy revient sur ses pas pour peindre le casino dans sa nouvelle manière. L'artiste, en effet, n'est plus le Fauve des années 1906-1907, admirant les outrances colorées de Matisse et Derain. La rétrospective Cézanne de 1907, à Paris, l'a beaucoup influencé. D'autant plus fortement que le séjour à l'Estaque, en 1908, le mène en compagnie de Braque sur les traces du maître. Même si le motif des voiliers sur l'eau est très reconnaissable au premier plan, Dufy n'en tire aucun miroitement, comme Monet ou Pissarro avant lui. C'est plutôt l'effet de masse des monuments de la ville qui le retient. Les formes géométriques sont structurées sous cette influence cézanienne, contaminant jusqu'à l'eau du premier plan. Celle-ci, évoquée sous forme de bandes se rejoignant et s'entrecroisant au centre, n'a plus grand chose de l'élément mouvant de l'impressionnisme. Les hachures en parallèles renforcent cet aspect dense, proche des paysages de Cézanne. La couleur seule n'est pas Cézanienne et échappe à cette évolution de l'oeuvre de Dufy. Forte, irréelle dans ces rouges et ses bleus décrivant l'architecture comme l'eau, elle est encore sous l'influence du fauvisme. Il en résulte un aspect puissant et onirique, accentué par la blancheur du casino, point focal de la composition canalisant toutes les forces du tableau. Les mouvements concentriques du premier plan paraissent disloquer l'espace, un espace aussi rêvé que construit. L'art de réunir les contraires !
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