Le Havre, impressionniste et fauve >

La Plage du Havre

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La Plage du Havre

Raoul Dufy, La Plage du Havre, 1906, galerie Fanny Guillon Laffaille

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Avec La Plage du Havre, Dufy rompt de manière radicale avec la vision impressionniste. Alors que cette dernière avait privilégié la ville, son activité industrielle, et le contraste entre le monde mouvant des reflets sur l'eau avec l'activité portuaire, Dufy peint la plage, seule. L'absence de tout motif pittoresque peut surprendre. Seuls, quelques passants, un landau poussé par une femme, animent le premier plan d'un paysage dépouillé. Toute la place est laissée aux couleurs : des teintes vives, qui claquent. Des bleus et des verts composent la baie, le rivage est souligné de rouge tandis que la plage s'ouvrant sous nos pieds est d'un très beau rose vif. L'invraisemblance des couleurs vient de l'exemple de Matisse et Derain, ces Fauves du Salon d'Automne de 1905 qui font sensation à Paris. Tous, à ce moment, oeuvrent dans la voie ouverte par un maître: Gauguin. La force et l'irréalisme de ses couleurs inspirent directement ces jeunes artistes baptisés " Fauves ". Dufy, Friesz, Braque, havrais de naissance ou d'adoption, invitent en 1906, en accord avec les négociants collectionneurs, membres du Cercle de l'Art Moderne, leurs amis fauves (Matisse, Derain, Marquet, Van Dongen). 1906, date de réalisation de ce tableau, date de découverte et de bataille au sein des amateurs et des collectionneurs du Havre. Le journaliste Robert de la Villehervé écrit, lors de cette première exposition du Cercle d'Art moderne : " Le Havre bataille. Il y a des Capulets et des Montaigus ". C'est ainsi qu'un paisible tableau de bord de mer peut devenir un champ de bataille.
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