Le Havre, impressionniste et fauve >

La Jetée du Havre

Version mobile
English Deutsch

La Jetée du Havre

Claude Monet, La Jetée du Havre, 1868, Philadelphie, Museum of Art

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Cette tempête sur la jetée du Havre est réalisée dans des conditions singulières dans l'oeuvre de Monet. Alors que le jeune peintre a son premier enfant dans le plus grand secret au grand dam de sa famille, cette dernière le force à revenir vivre au Havre, et à abandonner compagne et enfant. Il obtempère, ne renonçant toutefois pas et se ménage alors, entre deux séances de peinture sur les quais du Havre, des escapades pour revoir sa famille illégitime. Même s'il serait excessif de voir dans ce sujet une image de son propre combat contre vents et marées, il est plutôt inhabituel dans les vues impressionnistes de la ville. Monet est en effet attiré sa vie durant par les éléments en furie et nous avons de nombreux témoignages de cette fascination plutôt dangereuse. Car le peintre raconte lui-même comment il faillit se faire emporter par le flot lors d'un séjour sur les côtes bretonnes, des années plus tard. Ici, rien de tel : le tableau est bien trop grand pour envisager des séances en plein air, hormis, peut-être, quelques esquisses. Mais le flot envahissant tout le premier plan, dans une écume blanche, est très convaincant. L'asymétrie de la composition, les petites silhouettes des passants, feraient presque oublier que le peintre n'était pas sur la rive, les pieds et le chevalet dans l'eau. Et même si la touche est encore assez sage et doit beaucoup à Eugène boudin, la matière de l'écume, aux touches enroulées sur elles-mêmes, paraît plus vrai que nature.
Retour haut de page