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L'Avant-port du Havre, matin, soleil, marée

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L'Avant-port du Havre, matin, soleil, marée

Camille Pissarro, L'Avant-port du Havre, matin, soleil, marée, 1902, Le Havre, MuMa

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C'est sur l'invitation du collectionneur havrais, Pieter Van de Velde que Pissarro décide de passer l'été 1903 au Havre, réalisant une série d'une vingtaine de toiles sur l'avant-port en pleine mutation. À la suite de Monet, il consacre ses pinceaux à l'aspect industriel du port dans un travail s'étendant sur vingt ans, de 1883 à 1903. Le port devient alors l'un des hauts lieux de la vie moderne, et du monde industriel. Pissarro dépeint d'ailleurs l'activité des quais autant que la rade et ses voiliers. Plus que les reflets sur l'eau, typique de la période impressionniste, ce sont les grues, les cheminées fumantes dans le lointain, qui retiennent l'attention de l'artiste. La vision en plongée, depuis la fenêtre de l'hôtel Continental (situé non loin de l'actuel musée) où il s'installe à l'angle du quai, donne une ampleur et une monumentalité à ce point de vue. Le cadrage d'une composition en pointe, qui suit l'angle des quais, accentue encore cette impression de mouvement et d'énergie déployée le long du bassin. La couleur seule apaise cette vitalité, même si l'artiste suit le mouvement des nuages, la course de la lumière et du temps, comme l'indique le titre. La touche, courant librement en taches de couleur ou en frottis dans le ciel, rappelle, en ce début de vingtième siècle, les années impressionnistes de Pissarro. En effet, passées les années 1890, il délaisse les expériences du pointillisme adoptées un temps aux côtés de Signac et Seurat, pour revenir à une facture plus libre. Elle seule lui permet, dit-il, " de suivre les effets si fugitifs et admirables de la nature ".
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