Le Havre, impressionniste et fauve >

Impression, soleil levant

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Impression, soleil levant

Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872, Paris, Musée Marmottan-Monet

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Cette vue du port du Havre est un tableau mythique donnant son nom au mouvement de l'Impressionnisme, par le défi relevé devant le bon mot d'un critique. Ce dernier, un certain Louis Leroy, imagine un dialogue entre deux visiteurs : " Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... Et quelle liberté, quelle aisance dans la facture ! Le papier peint à l'état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là ! ". Cet inachèvement, qui ne choque plus guère aujourd'hui, est essentiellement à l'origine du rejet initial de l'impressionnisme. Il faut dire que Monet n'aurait pas mieux fait s'il avait voulu provoquer les partisans du paysage classique. Optant pour un paysage industriel, à ce point de rencontre de l'océan et du fleuve, il use des brumes et des fumées des cheminées d'usine pour rendre une esquisse de paysage. Enlevées à grands traits, la silhouette de la ville à l'arrière-plan, mais aussi celles des barques et de leurs passagers à l'avant deviennent purs fantômes dans le brouillard. Leur reflet noir est aussi tangible que les motifs peints. Quant au soleil, boule de feu trouant la nuée et projettant un reflet rouge, il est si intense que la perspective en est bouleversée. Cette homogénéité du traitement sur toute la surface du tableau rappelle pour la première fois depuis la Renaissance les deux dimensions de la toile. Plus de dessin, plus de perspective classique, mais un brouillard de formes colorées et fugitives, une impression, voilà la révolution de cette peinture.
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