Le Havre, impressionniste et fauve >

Fête foraine et bassin du commerce

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Fête foraine et bassin du commerce

Albert Marquet, Fête foraine et bassin du commerce, 1906, musée de Bordeaux

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C'est devant un motif typiquement impressionniste qu'Albert Marquet plante son chevalet à l'été 1906. Mais contrairement à Eugène Boudin ou à Monet, c'est moins le sujet du bassin et du reflet des bateaux dans l'eau qui le retient que celui des baraques foraines. Vu en perspective aérienne, le quai est évoqué en aplats de couleurs vives, cernés de noirs, caractéristiques du fauvisme. Car c'est au Salon d'Automne de 1905 qu'il se fait remarquer au sein de " la cage aux fauves ", la salle des oeuvres autour de Matisse et Derain faisant scandale par leurs couleurs crues et la brutalité de leur touche. Un an plus tard, Marquet envoie au même salon huit paysages peints en Normandie, pendant l'été, en compagnie de Raoul Dufy. Face à ses amis Fauves, il se distingue par le choix des sujets comme par sa palette de couleurs. Plus attiré par la ville et ses motifs que Matisse ou Derain, Marquet peint surtout les promeneurs, les affiches, ou les quais de la Seine depuis sa fenêtre. Au Havre, la fête foraine qu'il saisit est réalisée de manière simplifiée et géométrique ; de simples petits traits noirs évoquent les passants. Bien que la lumière soit vive, et les couleurs éclatantes, suggérant le plein air, le tableau n'a plus rien d'impressionniste. Marquet n'adopte pas non plus des tons irréalistes, comme le font les autres peintres Fauves au même moment. C'est ainsi dans une esthétique plus proche de l'affiche de rue, avec ses simplifications et son agressivité colorée, qu'il renouvelle un spectacle qui a retenu avant lui Monet et Boudin.
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