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Fête au Havre, boulevard maritime

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Fête au Havre, boulevard maritime

Raoul Dufy, Fête au Havre, boulevard maritime, galerie Fanny Guillon Lafaille

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Les fêtes populaires font partie des sujets attirant particulièrement les jeunes peintres fauves comme le havrais Dufy et son ami bordelais Albert Marquet. Dufy donne ici une vision inattendue, par un cadrage en contrebas de la plage et ses cabines, et plonge le spectateur dans l'espace abrupt de passerelles suspendues. Datant de sa période fauve, le tableau est peint en des couleurs surprenantes, orange, rose et noir. L'arc de la rambarde du boulevard, orange vif, sans modulation, traverse l'espace d'une courbe dynamique imprimant tout son mouvement à l'ensemble de la composition, la traversant de part en part comme un arc tendu. Un ciel rose parsemé de quelques nuages blancs donne à la scène un parfum de souffre. Comme si le ciel s'était enflammé sous l'effet du soleil ou de la tombée du jour. Les petites silhouettes se découpent en contrebas, d'une plage noire sur laquelle se distingue un parapluie rouge. Cette couleur noire peut surprendre, car elle est peu caractéristique de la palette des Fauves. Elle pourrait conduire à douter de la datation de l'oeuvre. Mais Dufy est singulier dans sa démarche et explique lui-même cette étrangeté : " le soleil au zénith, c'est le noir : on est ébloui ; en face, on ne voit plus rien ". C'est donc cela qu'il représente sans doute, par le contraste de couleurs vives et de couleurs sombres, accentuées par l'aspect graphique et simplifié de son dessin. L'éblouissement de la lumière par un jour de fête.
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