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14 juillet au Havre

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14 juillet au Havre

Albert Marquet, 14 juillet au Havre, 1906 

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C'est aux côtés de Dufy que Marquet peint cette vue d'une rue du Havre pavoisée pour le 14 juillet. Le Cercle de l'Art Moderne vient d'organiser alors une première exposition du 16 mai au 30 juin suivie d'une autre, consacrée à Eugène Boudin à partir du 9 juillet. Les deux jeunes artistes adoptant le même sujet et le même point de vue, se mesurent à Monet, lui-même auteur sur ce thème festif et national, du célèbre tableau : La Rue Montorgueil. Le retour sur les traces du maître impressionniste dans sa ville d'adoption, est sans doute en soi une sorte* de pèlerinage. Pour autant, Marquet n'adopte pas le style de Monet, malgré un point de vue en contre-plongée commun aux trois oeuvres. Le Fauvisme a déjà fait irruption et bouleversé la pratique impressionniste. Alors que Monet donne de cette fête nationale une vision lumineuse et virevoltante, se concentrant sur les drapeaux dansant dans la lumière, la version de Marquet est plus géométrique, plus rigoureuse dans sa construction. Moins vertigineuse aussi, la perspective de la rue s'ouvrant largement sous nos pas, à l'inverse de l'espace étroit et profond dans la peinture de Monet. Le premier plan laisse place à quelques commères à la silhouette simplifiée, comme un écho au mât soutenant le drapeau central. Aucun être humain n'est détaillé pour lui-même. Seule la lumière dans le coin gauche de la composition fait vivre l'atmosphère. Les couleurs, bien qu'agressives, demeurent naturelles, dans une manière propre à Marquet, loin des tons irréels de Derain ou de Matisse. La mise en perspective des immeubles à droite, de guingois, traduit l'irrégularité de ce vieux, typique et historique quartier St François aujourd'hui reconstruit. C'est le portrait de l'ancien Havre auquel Marquet se livre, plus que celui de ses habitants.
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