Route des Coquillages : pays des coquilles et de l'or blanc >

Batz-sur-Mer

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Batz-sur-Mer

Autour de l'église nouvellement rebâtie, le village se referme comme un poing au milieu d'un désert de dunes.

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ous sommes à Batz-sur-mer .
Le temps remonte au 15 e siècle. Autour de l'église nouvellement rebâtie, le village se referme comme un poing au milieu d'un désert de dunes. Les maisons à étage forment un rempart qui protège du sable et du vent. Au fil des ruelles, on croise des paludiers vêtus de blanc en été. En hiver, ils portent des costumes grenat ou violets selon leur richesse.
Devant nous, le porche du Garnal.
Garnal veut dire cimetière en Breton. C'est ici que l'on enterrait autrefois les défunts.
L'église de Batz-sur-mer est dédiée à Saint Guénolé.
Au 5 e siècle, les parents de Guénolé vivaient pieusement sur les Côtes d'Armor où ils eurent trois enfants. L'un d'entre eux, Guénolé, désira à l'adolescence, se rendre en Irlande pour vénérer Saint Patrick qui venait de mourir. Mais Patrick lui apparut en songe et lui ordonna de demeurer en Armorique pour y fonder une abbaye. Guénolé partit alors en quête du meilleur lieu. Parvenu à l'estuaire de Landevennec , on raconte qu'il ouvrit un passage dans la mer et là, éleva la plus grande abbaye de la Bretagne de l'Ouest!
Ce sont les moines de cette abbaye qui fondent au 5 ème siècle le prieuré et l'église de Batz-sur-mer . Elle est dès lors dédiée à leur Saint Patron : Guénolé .
Au sommet de la tour haute de 70 mètres , on peut voir par temps clair les marais salants, Belle île en Mer et l'Île de Noirmoutier.
Un paysage qui a impressionné Émile Zola. Dans son roman " Les coquillages de Monsieur Chabre ", il écrit :
" Puis s'étendait le désert des marais salants, l'immense plaine nue avec les miroirs des bassins carrés et les blancheurs des petits tas de sels qui s'allumaient sur la nappe grise des sables. "
Laurent Boulot est paludier dans la presqu'île de Guérande. Il nous explique la récolte le sel au fil de saisons :
" L'automne est consacré à différents travaux d'entretien. En premier lieu, le curage de la vasière. La vasière, c'est le bassin qui nous sert de réserve d'eau et qui sert aussi de décantation pour les sédiments contenus dans l'eau de mer, mais également à l'automne nous consacrons une partie de notre temps au curage des canaux et des chenaux qui permettent à l'eau de mer de rentrer l'eau à l'intérieur des marais salants.
Les travaux d'hiver sont la continuité des travaux d'automne. Et en plus sont également l'occasion pour le paludier de commencer à préparer les différents bassins de sa saline.
Sachant que précédemment les travaux d'entretiens de la vasière sont terminés, nous pouvons consacrer le reste de la saison du printemps au préparatif des bassins, c'est-à-dire le nettoyage de l'ensemble des bassins qui constituent le circuit hydraulique d'une saline et également, la deuxième opération qui nous occupe une partie du printemps, c'est ce qu'on appelle le graissage des ponts, les ponts ce sont les petites digues d'argile qui constituent le circuit hydraulique de nos salines.
L'été est l'aboutissement des travaux de préparation préalables, et cet aboutissement est visible avec l'arrivée du grain de sel pour peu qu'il y ait une période favorable de beau temps. Alors le beau temps pour les paludiers, c'est le soleil et puis du vent qui permettent d'évaporer l'eau de mer qu'on fait arriver dans les bassins au moyen de légers réglages pour laisser une fine, fine épaisseur d'eau sur l'ensemble des bassins. "
Le vocabulaire des paludiers est particulièrement poétique.
La cueillette est la récolte du sel à l'aide d'une passoire appelée lousse à fleur de sel.
La fleur de sel e st le cristal qui se forme en fines plaques à la surface de l'eau.
L'oeillet est le bassin où cristallise le gros sel.
La salorge est l e bâtiment où stocke le sel.
La salicorne est un peu le chiendent du paludier ! Employé en cuisine, son goût ressemble à celui du cornichon !
Depuis toujours, le sel inspire bon nombre de superstitions car il protège et nourrit, mais aussi brûle et détruit tout.
On prétend que le diable offre toujours un repas sans sel.
Et puis l'or blanc, n'est pas qu'une affaire de goût, c'est aussi une source de richesse.
Les rois de France au Moyen-Âge prélevaient d'ailleurs la gabelle, un impôt sur le transport et la vente du sel !
On ne peut évoquer le sel sans penser à celui de Guérande.
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