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Pastoralisme en vallée d'Ossau

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Pastoralisme en vallée d'Ossau

Un berger béarnais au 21ème siècle

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Pastoralisme en vallée d'Ossau
Nous sommes à Laruns, au croisement des rues du Bialé et du Carrerot d'en bas, devant la fontaine.
Vous êtes entourés de maisons très anciennes datant au moins du 14ème siècle.
Voyez derrière la fontaine, au numéro 34, c'est une maison typique du village. Certainement autrefois servait-elle de place forte, au moment des guerres ou lors de brigandages. A l'arrière, vous remarquerez d'ailleurs des meurtrières dans ses murs épais
La porte large permet le passage des brebis, au rez-de-chaussée ; les habitants, logeaient à l'étage, chauffés par le bétail.
Les brebis et les vaches rythment depuis toujours la vie de la vallée d'Ossau.
L'agriculture et la transhumance ont forgé et façonné toute l'activité humaine de la vallée d'Ossau.
Stéphane Chétrit est berger dans la vallée.
S'il n'y avait pas de pâturage, il n'y aurait pas de montagne ouverte comme aujourd'hui, il n'y aurait que de la forêt. Ce sont des siècles et des siècles de pâturages qui font que la montagne est praticable et ouverte. L'homme a façonné le territoire en le pratiquant avec l'agriculture.
Ici, les bergers sont nombreux, comme Stéphane Chétrit, à prendre la route, fin mai-début juin pour l'estive.
-sonnailles-
L'homme n'a pas inventé la transhumance, il s'est adapté à ce que faisait déjà l'équivalent des moutons à la Préhistoire. Aujourd'hui ça reste indispensable pour faire des provisions pour l'hiver. C'est cyclique : l'été on est en haut, on peut faire les foins. L'hiver, on est en bas, on a de quoi donner à manger aux animaux dans les granges.
Le rythme reste le même depuis des siècles mais le berger d'aujourd'hui a d'autres contraintes.
Déjà, les troupeaux sont beaucoup plus gros. 80-100 brebis, c'était un gros troupeau, il y a 50 ans. Aujourd'hui, on a des troupeaux de 300-400 brebis. Cela ne se manie pas pareil. Sur la route, c'est plus compliqué. La montée, c'est une adrénaline. Autrefois, le berger avait un âne pour transporter le matériel de fabrication du fromage aujourd'hui, il faut plusieurs voyages de 4 x 4. Sinon, il y a des héliportages.
Ah oui, c'est beaucoup plus moderne ! Mais la vie en estive a vraiment changé ?
Bien sûr, les bergers ont plus de confort, mais toujours beaucoup de travail.
On a l'image du berger avec le pipeau et le chapeau sur la tête mais ce sont souvent des journées qui démarrent vers 5h30 et puis qui s'arrêtent à la tombée de la nuit. Ce qu'il faut rajouter, c'est que la montagne quand on est berger, ça fait partie de nos gènes. Personnellement, si je n'avais pas l'estive dans mon métier, je crois que je m'ennuierais.
-sonnailles fortes-
Sans les cloches, la nuit, ou dans le brouillard, s'il y a un problème sur le troupeau, s'il n'y a pas de cloches, on ne se rend compte de rien. Ce côté utilitaire est indéniable. Il y a aussi la tradition : il y a un vrai amour pour les cloches. On est fier de passer dans le village en faisant taper les plus grosses cloches. C'est la tradition bien vivante, à la fois bien moderne et bien ancrée dans la tradition.
Si la vie de berger et le fromage vous intéressent, adressez-vous à l'office du tourisme. Comme Stéphane Chétrit, plusieurs bergers accueillent les curieux en estive.
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