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Port-Launay

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Port Launay, Porte du canal. Guilly Glaz, première écluse, dernière marée...

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Port Launay, Porte du canal.
Guilly Glaz, première écluse, dernière marée...
Un bruit d'eau fait soudain sursauter Pierrick... Droit devant, un barrage interrompt la rivière. Inquiet, le garçon s'accroche au bastingage.
Qu'est-ce que c'est ?
L'arrivée !
On ne va pas plus loin ?
Si, si... On passe. Sur le côté ! Regarde : d'autres bateaux attendent aux portes.
Les portes ?
Oui mon gars, c'est une écluse. La première du canal. Il y en a plus de 200 comme ça jusqu'à Nantes.
Ça alors...
On va attendre que la mer soit assez haute. Ensuite, on retrouvera Yann et son chaland, de l'autre côté.

Derrière la gabare, d'autres bateaux patientent. Ils sont vingt aujourd'hui, ils étaient dix-huit hier. Des navires de gros tonnage fréquentent Port Launay depuis le Moyen Age grâce à la marée, qui pousse l'Aulne à rebours deux fois par jour.

Quand Pierrick arrive à Guilly Glaz, en 1895, la première écluse de 1811 a déjà été noyée dans un grand bassin à flot. Une seconde porte a été construite en aval du nouveau " port " fluvial... Devenu en quelques années le troisième port du Finistère, après Brest et Morlaix.
Près de 400 bateaux y transitent chaque année. Les marchands et les armateurs se sont construits de belles demeures le long des quais. Jour et nuit, les marchandises venues de la terre y croisent celles partant pour l'Océan : sable et trésors d'Outres Mers remontent la voie d'eau, que descendent le bois et les ardoises d'Armor, le blé et le grain. Sur les berges du canal, en quelques années, le prix des terrains a doublé...
La gabare de Léon se glisse finalement entre les bajoyers et débouche dans le sas. Dans ce désordre, Pierrick repère d'abord les ardoises ; des charretées de nouvelles pierres arrivant sans cesse, leurs conducteurs commençant aussitôt à décharger. Puis il remarque le coin des marchands de sable, chacun possédant sa place et son tas.
Dire que tout cela n'existait pas avant que je sois né !

Le garçon semble étonné...
C'était en 1858. Mes parents venaient de se marier. Mon père a emmené Mam voir l'ouverture de Gilly Glaz. Elle me racontait souvent quelle fête ça avait été quand l'Empereur l'avait inaugurée :
" Ferme les yeux, Mabig ! Imagine... " Elle disait : " Nous étions venus tôt pour être en bonne place. Si tu avais vu le nombre de voitures, ce jour là ! Un cortège de carrosses... Et des toilettes, Ma doue ! Les sabres et les médailles brillaient tellement qu'on aurait dit des étoiles. Des rubans, des crinolines. Et le maire, fier ! Napoléon III est passé juste devant nous et ensuite, l'Impératrice avec sa robe bleue... Tout le monde s'inclinait sur son passage. Une vague de révérence ! Quand elle était tout près, j'ai vu un coeur de diamant briller à son cou...C'était si beau que j'ai fait un voeu. Tu es né neuf mois plus tard ! "
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