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Lennon et Rosvéguen

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Lennon et Rosvéguen

Lennon et Rosveguen : Or blanc, Or bleu L'eau vive des moulins...

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Lennon et Rosveguen : Or blanc, Or bleu
L'eau vive des moulins...
L'eau ! Douce, légère... Elle danse dans la lumière. Et le canal serpente au creux des vallées d'Armor. Identique, toujours. Arithmétique. Quelle constance !
Pour abreuver la voie d'eau chaque goutte est nécessaire. La pente la plus légère, le plus ténu des cours d'eau : tout ce qui coule, serpente ou ruisselle est mené au canal.
Car la " rivière des hommes " réclame toujours plus d'eau : sans cesse elle se vide, et sans cesse elle doit être remplie.
Les ingénieurs ont donc concentré vers elle tout ce qu'ils pouvaient trouver de ruisselets et de sources. Le résultat : une sorte de fleuve à débit garanti... Un rêve pour les bâtisseurs de moulins.
Autrefois, des dizaines de roues tournaient sur la rivière. C'était le temps d'avant la pomme de terre. Les hommes et les bêtes se nourrissaient de céréales qu'il fallait broyer. Les meules tournaient à plein pour nourrir les campagnes.
Le canal a donné d'autres idées aux inventeurs... Grâce à la voie d'eau et à l'inauguration de la centrale hydroélectrique de Coatigrac'h, Châteaulin devint, le 20 mars 1887, la troisième ville électrifiée de France.
Ann allait sur ses 5 ans quand ce dimanche là, au retour d'un pèlerinage à Sainte-Anne-La-Palud, elle vit la vallée de Kastellin illuminée...
Nous avions été " changer " la jument à Plonevez-Porzay... Musette, la pauvrette, boitait vraiment trop pour continuer à haler. Elle s'était abîmée la jambe à tirer le bateau toujours de guingois sur le canal qui ne fait que tourner ! Mam m'a laissée accompagner Yann parce qu'elle voulait que j'en profite pour saluer ma patronne à Sainte-Anne-la-Palud. Au retour avec Vaillante, notre nouvelle bête, en haut de Locronan, nous avons commencé à voir une lueur... Puis tous ces filaments de lumières. Vaillante n'était pas tranquille, moi non plus !
Tu savais, pourtant, qu'ils allaient " allumer " Châteaulin ! On n'en parlait jusqu'à Brest !
N'empêche, Tad non plus n'en menait pas large ! C'était comme un éclair... Qui dure. On s'est agenouillés, on a prié, puis on s'est approchés. J'avais une trouille bleue que tous ces feux-follets m'emportent...
Les feux follets, c'est autre chose...
Tu en as déjà vus ?!
Après trois jours de navigation, les enfants sont devenus amis. Ils mènent le cheval ensemble une bonne partie de la journée et se racontent leurs histoires, si différentes, de terriens de la côte et de voyageuse des eaux.
Jusqu'à ses dix ans, la fillette est restée vivre chez ses grands parents, à terre. Mais à présent, elle voyage avec Yann et Marthe. Elle initie son nouveau compagnon de jeu, peu à peu, à l'univers du canal.
Le garçon s'émerveille des libellules aux ailes bleues, de la danse du martin pêcheur, des fumerolles du matin, sur la surface si lisse de l'eau. Même les plantes sont différentes... Tout est nouveau, pour lui, en " terre canal ".
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