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Le résumé historique de la construction du canal de Nantes à Brest et du Blavet

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Le résumé historique de la construction du canal de Nantes à Brest et du Blavet

Le résumé historique de la construction du canal de Nantes à Brest et du Blavet

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1842, ouverture du Canal de Nantes à Brest
L'utopie prend vie.
Pour construire Chéops, la grande pyramide d'Egypte, trente ans furent nécessaires : dix pour aplanir sa base et vingt pour entasser ses 2 millions 300 000 mètres cube de pierres.
La construction du canal de Nantes à Brest dura quarante ans pour le même volume de moellons.
Imaginez ! Entre Nantes, Brest et Lorient, huit rivières durent être canalisées et trois montagnes franchies...
Avec des moyens à peine plus élaborés que ceux du temps des pharaons, on creusa 360 kilomètres de canal pour 555 mètres de dénivelé.
Dès que la différence de niveau atteignait deux mètres, une écluse s'imposait, avec son lot de calculs et de précautions, de réservoirs et de vannes... sans compter les moulins à déplacer.
Elles sont 238, les écluses.
Le plus souvent, pour les construire, il fallut :
Dévier le cours de la rivière
Poser des portes de chêne
Et pomper nuit et jour pour étancher les fuites... Jusqu'à ce que le mortier prenne.
Ensuite, seulement, les ingénieurs pouvaient lâcher les eaux, en croisant les doigts pour que les murs tiennent.
Aux trois points culminants du canal, on hissa la voie d'eau par dessus les montagnes pour relier les bassins versants des deux rivières canalisées.
La " tranchée de Glomel ", le plus haut des trois " biefs de partage ", nécessita le déblai - à la pelle et à la pioche - de 3 millions de mètres cubes d'argile.
Entre Pontivy et Rohan, le second bief le plus élevé, 54 écluses furent construites sur 25 kilomètres !
L'enjeu d'une telle bataille ?
Au départ, en 1627, il est surtout économique. La région vient de rejoindre le Royaume de France. Elle a de l'ambition et du tempérament. Les prémices des Lumières animent les esprits. Avec ce canal, on espère tirer la Bretagne intérieure de la misère en important des engrais au coeur de la péninsule où les sols sont trop pauvres pour nourrir les habitants. On remplirait ainsi tous les ventres, voire... on dégagerait des excédents pour ravitailler les villes.
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Canaux et rivières  " ne contribuent pas seulement à la richesse naturelle des campagnes, elles font .../... la richesse artificielle des provinces en facilitant le transport des marchandises. .../... Si la nature.../...n'a pas fait pour les hommes tout ce qu'il y a de plus avantageux à faire, c'est à eux à achever. " écrivent Diderot et D'Alambert dans l'Encyclopédie.
Las ! Une fois chiffré, le projet se révèle trop coûteux pour la seule Province. Le Roi le jugeant inutile et refusant d'aider à le financer, l'utopie est abandonnée. Jusqu'à ce qu'elle devienne un enjeu stratégique et militaire.
En 1805, Trafalgar consacre la suprématie navale anglaise : les arsenaux de Brest et de Lorient sont paralysés par le blocus maritime. Napoléon Bonaparte décide de faire creuser le canal de Nantes à Brest, coûte que coûte, pour avoir accès à ses ports militaires... sans passer par la mer.
Le chantier est lancé en grande pompe, par Napoléon III en personne, en 1811, à Port Launay. Il est censé durer une vingtaine d'années. Mais la roche bretonne est plus dure qu'escomptée et la période, troublée. Les travaux s'interrompent avec la chute de l'Empire. Ils reprennent en 1822, pour vingt années de labeur supplémentaire.
En 1842, le canal est inauguré. Les Anglais ne menacent plus personne... Mais la Bretagne est désormais navigable d'est en ouest.
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