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Landévennec

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Landévennec, porte océane :Ici, l'aventure commence.

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Landévennec, porte océane :
Ici, l'aventure commence.
Après avoir quitté Tibidy, la " Fée de la Rade " pique plein ouest... Bientôt, l'équipage atteint la pointe du Minou ou d'autres sabliers chargent déjà du traez... À présent que le canal irrigue toute l'Armorique, les péniches des " marchands de sable " apportent le sable jusqu'aux campagnes les plus inaccessibles aux charrettes. Les terres de schiste, peu à peu, deviennent fertiles. Désormais, la mer nourrit la terre.
Le navire chargé, le patron donne le signal du départ :
La marée va s'inverser, on profitera du flot pour remonter l'Aulne.
La gabare enroule bientôt la presqu'île de Landévennec. Machinalement, les hommes se signent en doublant le cap arrondi et les vestiges du monastère de Saint-Guénolé.
Des effluves de mimosa leur parviennent depuis le parc de l'abbaye en ruine. À l'aube des temps, Saint-Guénolé et ses fidèles venus d'Irlande débarquèrent à Tibidy, puis fondèrent à Landévennec l'un des centres spirituels les plus puissants d'Armorique.
Il paraît que quelqu'un veut remettre l'abbaye d'aplomb ?
Oui !
C'est le vieux Guénolé qui doit être content !
Et Gradlon avec, pauvre Roi...

Dans le pays, la mémoire de la Ville d'Ys reste vive. Certains marins affirment avoir vu Dahut chanter ici, entre deux eaux. La fille, que l'on dit pécheresse, serait devenue sirène...
Il y en a plein, des Mary Morgan, dans l'Aulne ! Dahut doit bien se trouver parmi elles. Certains disent qu'elle vient prier sur la tombe de son père, les soirs de pleine lune. Moi je crois plutôt qu'elle continue de séduire ceux qui veulent bien l'écouter.
Un moine, autrefois, se serait laissé tenter...
Pierrick interroge les marins du regard.
Tu vois ce grand rocher, là ? C'est lui, le moine ! Il se sauvait tous les soirs, à l'heure de la prière, pour retrouver une sirène. Quand le prieur s'en aperçut, il pétrifia le tonsuré sur place !

Au moment précis où le gars de Penforn achève son histoire, une tête émerge de l'onde, à quelques brasses du sablier.
Une sirène !
L'équipage suit l'apparition du regard. Arrivée devant la cale du passage, la sirène sort de l'eau et disparaît d'un trot léger...
Une biche ! On en voit parfois traverser le jusant. À moins que ce ne soient des sirènes ? Elles savent bien, dit-on, changer d'apparence quand elles ne tiennent pas à être surprises...
Passé Landévennec, l'Aulne prend un nouveau visage, dominé par la double mamelle du Menez Hom. Aujourd'hui, un pont enjambe son cours, mais à la fin du XXème siècle, il fallait remonter jusqu'à Châteaulin pour traverser le fleuve, ou emprunter un bac.
Le sablier, poussé par le dernier souffle de la brise de mer, ralentit.
Cette fois, on n'avance plus du tout... Il va falloir tirer le bateau.
Sans un mot, le bosco et le mousse sautent à terre et passent le harnais. Peinant parmi les roseaux, ils halent le bagou Minou jusqu'à l'écluse de Guilly Glaz.
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