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Saint Simon et Dangeau à la Ferté Vidâme

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Saint Simon et Dangeau à la Ferté Vidâme

Mémorialistes de la Cour de France

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Dangeau et Saint Simon.
Deux mémorialistes ont marqué le département d'Eure-et-Loir : Louis de Rouvray, duc de Saint-Simon et Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, surnommé plus simplement Dangeau. Les oeuvres de ces personnages sont très liées.
Dangeau ? Comme la commune de Dangeau ?
Exactement ! Il est né en 1638 au château de Dangeau. Mais il vit essentiellement à la cour de Louis XIV. Joueur de carte réputé oe ce qui lui vaut la bienveillance du roi, colonel du régiment du roi qu'il accompagne dans toutes les campagnes, gouverneur de Touraine et diplomate, il jouit du privilège très prisé -à partir de 1670- de pénétrer à toute heure et en tous lieux auprès de sa Majesté royale.
Protecteur des gens de lettres, ami de Boileau, il est élu membre de l'académie française sans rien avoir publié.
Mais Dangeau est surtout resté dans les annales grâce à son abondante production littéraire : un journal dans lequel il consigne minutieusement, jour après jour tous les évènements qui se déroulent à la cour.
Tout naturellement, Louis de Rouvroy, plus connu sous le nom de Saint-Simon s'inspire de cette masse d'informations pour écrire une partie de ses célèbres mémoires. Il publie même les récits de Dangeau en apportant ses propres commentaires.
Malgré cela, Saint Simon ne ménage pas Dangeau dans le portrait qu'il en fait :
St Simon : Dangeau écrivait depuis plus de trente ans tous les soirs jusqu'aux plus fades nouvelles de la journée. Il les dictait toutes sèches, plus encore qu'on ne les trouve dans la Gazette de France. Il ne s'en cachait point, et le roi l'en plaisantait quelquefois. C'était un honnête homme et un très bon homme, mais qui ne connaissait que le feu roi et Madame de Maintenon dont il faisait ses dieux, ets'incrustait de leurs goûts et de leurs façons de penser quelles qu'elles pussent être. "
Si Louis de Rouvroy oe Saint Simon- est né à paris en 1675, il se rend régulièrement à la Ferté Vidame.
Filleul de Louis 14, il sera militaire et à son tour duc de St Simon. Pendant de longues années, il espère accéder au pouvoir à Versailles, surtout quand son ami d'enfance, le duc d'Orléans devient régent en 1715. A sa mort huit ans plus tard, déçu, le duc se retire sur ses terres de la Ferté, dans son château. Sa vraie passion est l'écriture. Depuis tout jeune, il consigne ses impressions dans des notes quotidiennes. Revenu sur ses terres, il se consacre à l'écriture de ses mémoires.
Pendant les 30 années qui lui restent à vivre, St Simon décrit la vie à la cour de Versailles. Et sa plume est parfois cruelle. Voici le portrait qu'il trace du duc du Maine, l'un des enfants illégitimes de Louis XIV et de La Montespan :
" Avec de l'esprit, je ne dirais pas comme un ange, mais comme un démon auquel il ressemblait si fort en malignité, en noirceur, en perversité d'âme, en orgueil le plus superbe, en fausseté exquise...en l'art d'amuser, de charmer quand il voulait plaire... le poltron le plus dangereux ... par les souplesses les plus rampantes auxquelles le diable ne perdait rien ".
Avec la régence du duc d'Orléans, il décrit aussi les nuits très festives...
" On buvait beaucoup, on s'échauffait, on disait des ordures à gorge déployée, et des impiétés à qui mieux mieux, et quand on était bien fatigué et qu'on était bien ivre, on s'allait se coucher, et on recommençait le lendemain. "
C'est ici, que le duc de St Simon a trouvé son inspiration. Pour le maire de la Ferté Vidame, Jean-Pierre Jallot, la tranquillité de la vie à la Ferté l'a bien aidé :
" A la fois, il se sent là protégé mais il a un regard terriblement lucide sur ses contemporains et terriblement d'actualité quand on lit certaines choses. C'était une sorte de thérapie pour lui. Un moyen de se moquer de l'orgueil démesuré des grands".
St Simon achève le manuscrit de ses Mémoires en 1749, 6 ans avant sa mort. 2854 pages destinées à une publication posthume.
Mais l'oeuvre est confisquée et ne sera publiée officiellement qu'un siècle plus tard... Depuis lors, les Mémoires de St Simon font exemple de virtuosité littéraire. " Il n'y a que trois styles, diront les Goncourt : la Bible, les Latins et Saint-Simon. "
Depuis 1975, au petit château de la Ferté Vidame, le prix St Simon récompense chaque année un livre de mémoires, souvenirs, témoignage ou récit autobiographique. Parmi les lauréats de ces dernières années, citons Philippe Sollers, Alain Decaux, Jean Paul Kauffmann et Philippe de Gaulle.
Bien..
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