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Hilvern : Saint-Gérand, Saint-Gonnery

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Hilvern : Saint-Gérand, Saint-Gonnery

Hilvern : Saint-Gérand, Saint-Gonnery

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A Saint-Gérand, le canal est en suspend,
A Saint-Gonnery, il domine le pays !
"  Sur la hauteur, la rondeur de la lande
A sonné la cloche, la cloche de Saint-Gérand... "
Une lavandière chante... Elle est jolie, la laveuse de draps, entourée de vapeur d'eau et de bulles, quand elle fredonne le vieux chant de Saint-Gérand. En passant, les bateliers lui font des compliments et repartent contents, malgré la dureté du labeur.
Ils ont bien besoin d'être encouragés, car la montée est rude pour les hommes, les bêtes et les bateaux. Devant eux s'élève l'échelle d'écluses menant au bief d'Hilvern.
Ici le canal passe de la vallée du Blavet à celle de l'Oust. Pour que les navires puissent parcourir la Bretagne en entier, il fallut relier ces deux rivières. On creusa un lit artificiel en haut des deux vallées : à Hilvern, la voie d'eau navigue sur le sommet du plateau.
Pierrick tourne la manivelle. La bassinée achevée, il est encore essoufflé que l'Aurore s'engouffre déjà dans les portes suivantes. A Parc-er-Lann, il a compté 24 écluses depuis Pontivy... Yann l'encourage :
Hardi, mignon ! Passer le Bief d'Hilvern, à 13 ans, ce n'est pas si mal !
Plus que trois écluses et tu es quitte pour cinq kilomètres de plat.
Je te reprendrai pour la descente...
La descente ?
Oui ! à Saint-Gonnery, Meme Stra... Voire pire ! Vingt-deux écluses en quatre kilomètres.
Le chaland glisse entre les champs. Le canal domine les arbres et les bosquets. Il semble voguer en plein ciel. De l'eau, si haut ? Les oiseaux sont ravis de l'aubaine ! Une bergeronnette jaune accompagne le bateau, puis retourne à sa nichée, dans un creux de l'écluse.
Une cloche pique midi. Elle rappelle la légende de saint Gérand, revenu de Rome avec une clochette miraculeuse : " Quand elle sonnera, tu sauras où t'établir. " lui avait promis saint Patrick. C'est ici qu'elle sonna... Gérand bâtit son église sur le champ !
Un autre miracle, plus récent, eut lieu à Saint-Gonnery...
Pour abreuver le canal, il fallait chercher de l'eau. Or ainsi perchée, il ne s'en trouvait pas. On l'amena donc, par une rigole de 64 kilomètres. A travers bois et pâtures, on la creusa à la pelle et à la pioche. Depuis le barrage de Bosméléac où elle démarre, jusqu'au Quillio, où elle rejoint le canal, elle conserve une pente de 0,3 millimètre par mètre ! Une prouesse, un exploit !
Bientôt, pourtant, les chalands se firent rares... jusqu'à ne plus venir du tout. Le chemin de fer, la route, puis le barrage de Guerlédan, qui coupa le canal en deux, eurent raison de la voie d'eau, un siècle après son ouverture.
Un temps abandonnée, la rigole perdit de son utilité et la voie d'eau s'assécha... Pour lui redonner vie, on pompe désormais l'eau du Blavet vers le lit du canal. Quant à la Rigole, des passionnés la remettent en état tronçon par tronçon. Plaisir des yeux et mémoire des hommes. Murmures d'eau, pêche et gaieté retrouvée.
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