Hyères les Palmiers : découverte entre terre et mer >

Giens

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Giens

Là où nous sommes se dressait un ancien château médiéval.

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Nous sommes à Giens,
Positionnez-vous devant la table d'orientation, face à Hyères.
Là où nous sommes se dressait un ancien château médiéval. Il en reste d'ailleurs quelques vestiges, à votre droite, immédiatement en contrebas. Vous les avez sans doute aperçus en montant.
Mais l'histoire de Giens est surtout liée à la pêche.
Regardez, devant nous, c'est la madrague.
Ce nom, retenez-le bien.
Il désigne à la fois un type de pêche au thon, le lieu où on la pratique, et surtout le filet que l'on utilise, un filet long de plusieurs centaines de mètres, avec différents compartiments, et que l'on installait durablement à un endroit précis de la baie, sur le passage des bancs de poissons.
Pépito est pêcheur à Giens, et il nous explique comment, à la grande époque de la madrague, entre le 17 ème et le 19 ème siècle, on attrapait ces énormes poissons, dont beaucoup dépassaient les 100 kilos :
" Y'avait toujours un ou deux pêcheurs qui faisaient le guet, en hauteur, qui surveillaient l'approche des thons. Quand ils voyaient les thons entrer, hop, ils alertaient les collègues, qui après avec les bateaux allaient fermer les différentes portes du filet, où le poisson se retrouvait piégé et guidé de bout en bout vers les différentes chambres, jusqu'à la dernière, qui s'appelait la chambre de mise à mort. Ils remontaient tout doucement ce filet, et puis après avec des gantchous , les gantchous qui sont des sortes de manches avec un gros croc, ils remontaient les thons à bord. "
D'ici, on aperçoit parfaitement le double tombolo.
Le double quoi?
Tombolo. Il s'agit de ces deux cordons de terre nés, il y a plusieurs millions d'années, de l'accumulation de sédiments, et qui relient la presqu'île au continent. C'est extrêmement rare. On ne trouve qu'un exemple similaire en Europe, en Italie.
Entre ces deux bandes, le marais salant des Pesquiers s'étend sur 420 hectares
Inexploité depuis les années 90, c'est une formidable réserve ornithologique.
270 espèces au moment des grandes migrations. Et même des flamands roses ! J'en connais un qui ne se lassait pas de les observer : je veux parler de Saint-John Perse,.
Le poète et diplomate, prix Nobel de littérature qui repose tout près d'ici, au cimetière de Giens s'installe ici en 1957, et jusqu'à la fin de sa vie, en 1975, ce spectacle constitue pour lui une inépuisable source d'inspiration.
Corinne Chenaux, de la Fondation Saint-John Perse, à Aix-en-Provence :
" Il voue dès son plus jeune âge une adoration pour l'oiseau. Et à la fin de sa vie, en Provence, il va scruter le ciel de Giens, il a même un poste d'observation d'où il observe les oiseaux, depuis sa maison des Vigneaux, et en fait il écrit en 1962, sur des eaux fortes de Georges Braque le poème Oiseaux, qui est un hommage à l'animal, qui est pour lui un symbole de créativité et de liberté, mais aussi une sorte de méditation esthétique sur l'art et la poésie à travers l'oiseau. (33'') "
L'oiseau, de tous nos consanguins le plus ardent à vivre, mène aux confins du jour un singulier destin. Migrateur, et hanté d'inflation solaire, il voyage de nuit, les jours étant trop courts pour son activité.
Au fil de siècles, bien d'autres écrivains font escale à Hyères. Michelet, Lamartine, Hugo, Conrad, ou encore Stevenson, tombé sous le charme du lieu.
" Je ne fus heureux qu'une fois dans ma vie et ce fut à Hyères... Oh, what ? Vous voulez savoir si mon Île au trésor se trouve ici ?... Tout le monde me pose la question... Hum... quelle importance ? Et puis, toutes ces îles sont des trésors aren't they ? "
Au fait, Savez-vous comment on appelle les habitants de Giens ?
Les Arbanais ! Certains expliquent que cela vient du chiffre 4, en arabe, pour les 4 principales îles de l'archipel. On dit aussi, que c'est une déformation du mot " forban ".
C'est qu'il fut un temps où il valait mieux ne pas trop s'approcher de ces rivages. Giens, c'était un peu le bout du monde et ses habitants pouvaient sans crainte se livrer à des actes de pirateries.
Tenez, vous voyez devant vous, à droite, la pointe de la presqu'île ? On l'appelle l' Escampobariou . Cela veut dire jeter les barils. Vous savez pourquoi ? Parce que les Arbannais y allumaient des feux pour faire croire aux navires qu'ils entraient dans un port. Lorsque leurs commandants s'en apercevaient, c'était trop tard. Pour regagner le large au plus vite, ils jetaient la cargaison à la mer. Et les autochtones avaient de quoi festoyer pendant des semaines !
Toujours à droite, plus près de nous, en direction du port du Niel, s'étendait dans la première partie du 20 ème siècle la propriété de Louis Renault. Le constructeur d'automobile s'était fait notamment fabriquer un yacht très novateur, combinant vapeur et électricité.
Un autre grand nom de l'automobile, Panhard, né à Hyères, revenait lui aussi très régulièrement en villégiature à Giens.
Regardez maintenant à gauche, on aperçoit, sur une pointe qui s'avance vers la mer, le fortin de la tour fondue.
Il a été érigé au 17 ème siècle, sur ordre de Richelieu. Le cardinal avait entendu parler d'une armée espagnole en cours de constitution, à Gênes, et il voulait protéger les rivages français.
Oui, mais depuis sa tour a fondu... ou bien s'est fendue... Là non plus, on n'est pas sûr de l'origine du nom... Ce qui est certain, c'est qu'elle n'est plus en très bon état...
Je sens que vous aimez les pierres qui ont une histoire... alors, retrouvons-nous à l' Almanarre , près du site archéologique d' Olbia . C'est notre prochaine étape...
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