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Saint-Nicolas-Des-Eaux

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Saint-Nicolas-Des-Eaux

A Saint-Nicolas-Des-Eaux, Tourne la rivière, vibre la forêt. 

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A Saint-Nicolas-Des-Eaux,
Tourne la rivière, vibre la forêt. 
Après Pontivy, le Blavet creuse la vallée. Les arbres se penchent vers le courant. Et les falaises s'étirent haut dans le ciel. Même canalisée, la rivière reste sauvage. Les berges conservent ce caractère farouche et silencieux qui attira les ermites en quête de solitude et les clans désireux de vivre en paix.
Dans la forêt, fontaines à souhaits, roches guérisseuses et chapelles murmurent leurs secrets au vent qui les écoute. Selon le besoin que l'on en a, elles se dévoilent ou se dérobent... Un oiseau décolle, un chevreuil s'enfuit et puis... On aurait pourtant juré qu'elle était ici ! Il faudra revenir...
A Saint-Nicodème, plusieurs familles, dont celle de Rimaison élevèrent une cathédrale au milieu des champs. Sa flèche blanche et fine domine le pays. Chaque été, autrefois, des dizaines de milliers de bêtes y affluaient. On les menait de loin pour les faire bénir ici et les protéger, toute l'année, des malheurs et des maladies. En amarrant l'Aurore en bas de la colline de Castennec, à Saint-Nicolas-des-Eaux, Yann regrette :
Si la Groa Hoart avait été là, nous aurions été la voir les enfants... Mais elle est maintenant dans un château, à Baud !
La " Vénus de Quinipily " dominait, du haut de la colline, la boucle qui l'encercle comme une île. Deux fois jetée dans la rivière par le clergé inquiet de la dévotion qu'on lui vouait. Deux fois, elle fut sauvée avant d'être installée à Baud, où elle se trouve toujours. A Castennec, reste la fontaine où les pèlerins, la nuit, venaient honorer la déesse aux seins nus.
Marthe revient du village avec une livre de beurre et le chaland reprend sa route. La rivière contourne la " butte " avant de couler à nouveau plein sud. Un héron, dérangé, s'envole, tandis que l'Aurore double la chapelle Saint-Gildas. Marthe raconte :
Ils m'ont dit, au marché, de bien regarder en passant. Il paraît que saint Gildas vivait dans la grotte, juste au dessus de la fontaine... Ici ! Vois ! Il y avait tellement de loups en ce temps là, que pour ne pas se faire manger, il devait fermer son trou, la nuit, avec un rocher...
Comme pour confirmer son récit, la cloche de la chapelle retentit, suivie d'un drôle d'écho métallique.
Qu'est-ce que c'est ?
L'éclusier en train de repêcher un tronc d'arbre lui répond :
Ah, Ah, c'est la cloche de saint Gildas, mon gars !
La cloche, je l'ai entendue, mais après, c'était quoi ?
C'est une pierre. Une pierre toute bête, sauf que quand tu la frappes avec un caillou, elle sonne comme une cloche. Saint Gildas s'en servait pour appeler les gens à la prière !
Elle est toujours là, la pierre qui sonne. Les fidèles ne se rendent plus aussi nombreux à son appel mais l'oratoire accueille les artistes qu'inspire le Blavet.
En 2002, Koki Watanabe, un créateur japonais de " L'art dans les chapelles ", a imaginé un dispositif cocons lumineux et de goutte à goutte pour répondre aux soupirs de la rivière, toute proche... Installée dans l'une des tours du château de Pontivy, son oeuvre continue d'étonner et de faire rêver.
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