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Pont-Augan

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Pont-Augan, gare fluviale : Marchandises en partance et voyageurs en vacances.

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Pont-Augan, gare fluviale :
Marchandises en partance et voyageurs en vacances.
A Pont-Augan, les cheminées de briques se reflètent dans la rivière, face à l'écluse... L'ancienne papeterie se repose depuis 1985. Roues, presses et marteaux, autrefois actionnés par la puissance des eaux, dorment dans les ronces.
Avant la construction des écluses, le pays, dit-on, était presque désert. La canalisation du Blavet jusqu'à Pontivy, eut l'effet d'un sésame sur la vallée.
La papeterie endormie, comme ailleurs les cales oubliées ou les quais silencieux, rappellent le rôle que joua la rivière dans l'essor de l'industrie, au XIXème et au début du XXème siècles. Son eau claire, son débit constant, et sa situation stratégique aux portes de Lorient, poussa les investisseurs à installer machines à bois, carrières de granite, fabriques et usines sur ses berges.
En 1860, les Forges naissent près d'Hennebont. Les mines galloises expédient du charbon jusqu'en Bretagne sud. En retour, les Gallois ont grand besoin de " poteaux de mine ".
Dans tout le pays, on plante donc des résineux pour étayer les galeries sous-terraines d'Outre Manche. Les bois résonnent du bruit de la cognée et les chalands emportent des montagnes de troncs, jours et nuit, vers les bateaux en attente dans le port de Lorient.
L'Aurore croise des dizaines de coques presque plates, chargées à ras bord de bois, de charbon ou de pierres. Ann s'étonne :
Ils ont de drôles de chalands, ici...
Tu n'en verras pas ailleurs, des bateaux comme ça ! Répond Yann. On ne les construit que dans le pays d'Hennebont !
Bon ! Bon !
En 1895, la vallée bouillonne de projets. Au Rudet, on produit des engrais. Le maërl des Glénan, mélangé aux mâchefers, donne des phosphates dont on promet qu'ils fertilisent les champs... L'équipage de l'Aurore, habitué à vendre du sable aux paysans, découvre ces nouvelles marchandises en route vers le coeur de la Bretagne.
Si Pierrick continue le métier, il verra, quelques années plus tard, se construire la gare fluviale de Pont-Augan.
Les marchandises y sont déchargées directement des chalands dans des wagons à destination des quatre coins d'Armorique. Une aubaine pour les investisseurs qui décident, en 1915, d'implanter une usine à papier sur le site.
Une chance aussi pour les Lorientais, de plus en plus nombreux à venir en " villégiature " au bord de la rivière. Au " Rendez-vous des Pêcheurs ", un hôtel installé à la confluence de l'Evel et du Blavet, se retrouvent dans les années 1900, de joyeuses compagnies venues traquer le saumon, la perche, le brochet ou le gardon.
Passé le pont, le Blavet, grossi de ce nouvel affluent, file vers la mer, entre " montagne " et prairie. Tantôt la vallée rétrécit et le halage est taillé à même la falaise ; tantôt elle s'élargit, ses bords s'ouvrant sur des champs. Quelques marais s'installent dans les courbes les plus paresseuses et des grèves de sable accueillent les Cols Verts.
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