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Hennebont, ultime bastion...Où le Blavet s'en va't en mer.

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Hennebont, ultime bastion...
Où le Blavet s'en va't en mer.
Il faudra demander l'heure de la marée à l'éclusière de Polvern...
La marée ?
Et oui, mignon ! A Hennebont, on n'arrive qu'à mi-marée ! A basse mer, le Blavet est presque à sec et il n'y a pas assez d'eau pour naviguer. A marée haute, il y en a trop pour passer sous le pont !
En attendant la bonne heure, l'Aurore reste un moment à quai... Ann et Pierrick pêchent en aval de la chute : ils attrapent deux mulets pour le déjeuner. Puis le signal du départ est donné. La péniche, lentement, franchit l'écluse maritime de Polvern, la première du Blavet canalisé, la dernière avant la mer.
Entre carrières et moulins, dans le va-et-vient des chalands, des passeurs et des vapeurs, la coque fraye sa route vers Hennebont.
A cet endroit, le chemin de fer longe le canal. Depuis quelques années, le rail double la voie d'eau et offre de nouveaux débouchés aux industries du Blavet, qui se multiplient et prospèrent.
Puis le halage suit un grand mur derrière lequel des galops et des hennissements font dresser l'oreille à la jument. Yann fait signe à Ann de tenir la bête qu'il tente d'apaiser.
Non, non, la belle, on ne s'arrête pas...
Qu'est-ce qu'il y a ici ?
C'est un ancien couvent. L'Abbaye de la Joie je crois. D'après ce qu'on m'a dit, la première " usine à fer " a été construite ici. Depuis, ils en ont fait une ferme pour les meilleurs chevaux de la région. Un " Haras ", ils appellent ça.
Bientôt, l'Aurore s'amarre sous les remparts. Des navires aux voiles ferlées relâchent pour quelques heures dans l'ancienne citadelle. Le charbon des trois-mâts et des chasse-marées est transféré sur les péniches, tandis que le granite s'entasse sur les berges, aux côtés du sable et du maërl, des sacs d'engrais, des poteries, du grain, du bois de chauffage et du minerai espagnol...
Une fois le chaland mis en ordre et la jument installée dans l'écurie d'un aubergiste, l'équipage prend le temps de déguster les mulets, cuits au four, avec du fenouil sauvage. Puis les enfants s'éclipsent vers la ville close.
Rue des Lombards, Grand'rue, rue de la prison... Dans le dédale des ruelles bordées de vieilles maisons à pans de bois Ann et Pierrick se coursent et se perdent. Ils débouchent bientôt, ébahis, derrière la double tour Broërec'h. L'imposante porte fortifiée servit de corps de garde, puis de prison, avant d'accueillir les forçats qui creusèrent le canal, et de devenir un musée.
Marchant dans les pas des ducs et des rois de Bretagne, les enfants écoutent les pierres parler...
Les pavés de l'ancien bastion se souviennent de Jeanne de Flandres. L'épouse de Jean de Montfort se réfugia derrière ces murs en 1342... La ville fut aussitôt assiégée. Une nuit, en secret, elle passa les portes et alla elle-même mettre le feu aux camps des assaillants. Elle sauva ainsi, du même coup, et la ville et le duché. Depuis, Jeanne dite " La Flamme " demeure l'héroïne de la petite ville devenue un grand port.
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