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St-Servais

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St-Servais

Le calvaire a 4 panneaux : le couronnement d'épine, la flagellation, le portement de croix et la résurrection du Christ.

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Le calvaire a quatre panneaux : le couronnement d'épine, la flagellation, le portement de croix et la résurrection du Christ.
Vous voyez le personnage au milieu qui porte une clef ? Ce n'est pas Saint Pierre, mais Saint-Servais, évêque à Maastricht.
Rapprochez-vous de l'ossuaire. Il date de 1648.
Sa porte bicolore de style Renaissance, très ouvragée, est sculptée d'après les dessins de l'artiste italien Nicolo del Abbatté.
Ce peintre a participé avec Le Primatice à la décoration du château de Fontainebleau.
Juste à gauche de l'ossuaire
La tombe ornée de fer forgé est celle de Yan d'Argent. Ce peintre est né ici, mort à Paris et inhumé à Saint-Servais. Ecoutons-le nous raconter sa vie...
Je suis né en 1824 dans un relais de diligence. Mon père était Lorrain et Maman était bretonne mais malheureusement, elle et ma grand-mère sont mortes peu après ma naissance. Après de médiocres études secondaires, je me consacre enfin à mes passions : la peinture et le dessin. Et me voilà autodidacte arrivant à Paris où je deviens vite illustrateur, d'ailleurs mon grand rival fut Gustave Doré. Mais je suis toujours retourné dans ma chère Bretagne où j'ai peint de nombreuses toiles et ornée aussi l'église de mon village.
Que dire de ma peinture ? ? mes sujets toujours originaux, j'apporte un regard naïf.
Dans son testament, Yan d'Argent demande que son crâne rejoigne dans l'ossuaire de Saint-Servais celui de sa mère et de sa grand-mère. Le père d'Hélène Diner , bénévole au musée Yan D'Argent, a assisté à cette décapitation posthume. Devant l'urne du peintre, sa fille raconte :
" On a donc ouvert le cercueil. Et on a pensé vu qu'il était mort depuis 8 ans que le corps se serait déjà désagrégé, mais non le corps était intact. Donc, ça posait problème et on a demandé à un volontaire de venir pour couper la tête. Mais personne n'a voulu le faire et c'est le curé, sur la demande du fils de Yan d'Argent qui était présent, qui l'a fait. Mais malheureusement le couteau qu'il possédait ne coupait pas suffisamment. Donc il a fallu que l'on ait un autre couteau. Et c'est une personne qui a donné un grand couteau et du coup, on a coupé la tête . "
Tous ces rituels macabres prouvent qu'en Bretagne la mort faisait vraiment partie de la vie.
Tournez-vous maintenant vers l'église
Elle date du 17 e siècle et l'une de ses portes en bois sculpté s'inspire aussi de dessins de Nicolo del Abbatté.
Cherchez-la à l'intérieur de l'église !
Regardez la tour clocher. Elle a deux chambres de cloches.
Et l'une des 4 cloches a pour parrain Yan d'Argent.
Ne manquez pas de rentrer dans l'église où vous retrouverez de nombreuses oeuvres de l'artiste du pays et visitez aussi le musée qui lui est consacré. Son tableau le plus célèbre " Les lavandières de la nuit " y est exposé.
Théophile Gautier a écrit à propos de ce tableau
Il y a un véritable sentiment de fantastique dans Les lavandières de la nuit de Monsieur Yan d'Argent. L'artiste a représenté sur une toile oblongue des lavandières à la poursuite d'un pauvre paysan, mais l'haleine va bientôt lui manquer et il tombera mort dans l'une de ces flaques où flotte déjà un cadavre.
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