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Le lavoir-abreuvoir

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Le lavoir-abreuvoir

A deux pas du magasin de la fameuse Marie Boutique, une commerçante qui avait le sens des affaires.

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Le lavoir-abreuvoir
Au centre du village, à côté de l'abreuvoir circulaire, le lavoir couvert a été construit vers 1865 en pierres du pays. C'est là que les femmes du village venaient terminer la buée, la lessive commencée chez elle dans de grandes bouilloires où la décomposition du charbon de bois donnait la potasse qui servait de savon. Yvon Barbazon, historien local.
Les ménagères venaient avec leur brouette et leur linge dans une manne ou dans des paniers et elles rinçaient leur linge au lavoir qui est constitué de deux bacs. Le premier bac c'était pour faire partir essentiellement le savon qui était encore avec le linge. Et le second bac c'était de l'eau claire où on pouvait vraiment bien rincer son linge. C'était aussi dit-on le coin des commérages du village. Tous les cancans du village c'est là qu'ils se faisaient.
A deux pas de là (vers le château) : le magasin u-ni-ver-sel de Marie Simonet alias " Marie Boutique ". Vêtements, chaussures, alimentation, on trouvait de tout dans l'échoppe de cette commerçante dont se souvient très bien Yvonne Gustin, 90 ans, la fille de l'ancien meunier, gros-faytaise depuis toujours.
Elle avait toujours un foulard. Elle venait voir le tabac. " Oh, n'est ni co si sètch ". Pas assez sec. Elle disait que le tabac n'était pas bon. Elle marchandait son tabac. Marie Boutique ! C'en était une ! Ah mais c'était une chipoteuse ! " Il n'est ni cor si bon ". Le magasin était tout retourné. C'était bien Marie Boutique hein !
Car Marie Boutique, comme toute la vallée de la Semois dans les années 1900, avait pris le virage du tabac. Le Semois comme on l'appelait. On en cultivait dans la vallée dont les sols et les brumes, dit-on, conféraient au tabac un arôme particulier. Et sur les hauteurs de Gros-Fays, le fumier des agriculteurs donnait des plus gros tabacs qu'en bas. D'où une certaine rivalité.
Mais Marie Boutique, elle, ne cultivait pas du tabac. Elle l'achetait pour le commercialiser, une fois haché dans l'ancienne brasserie reconvertie en hachoir. Et Marie Simonet avait sa façon bien à elle de commercer avec les producteurs de Semois :
Elle leur ouvrait un compte dans sa boutique. Elle leur disait voilà vous avez un bon chez moi pour X francs et les gens étaient tenus de venir acheter chez elle jusqu'à épuisement du compte. C'était sa façon à elle de procéder et elle a quand même bien fait son commerce puisque un des fils a tenu une grosse boutique de tabac à Chairière, le village d'à côté, qui a perduré jusque dans les années 1960 jusqu'au moment où on a arrêté de cultiver le tabac dans la vallée de la Semois.
Décidément, cette Marie Boutique avait le sens des affaires dans le sang.
Elle avait son nom Marie Boutique !
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