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La maison traditionnelle tricellulaire

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La maison traditionnelle tricellulaire

Des fermes construites avec la solidarité de tout le village

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La maison traditionnelle tricellulaire
Comme de nombreuses autres encore à Gros-Fays, cette ferme est typique de l'habitat rural traditionnel ardennais. Elle est dite " tricellulaire ", composée donc de trois cellules : l'une pour l'habitation, la seconde pour la grange et la troisième pour l'étable et l'écurie. Autre particularité, les toits, autrefois très bas aujourd'hui souvent rehaussés. Tellement bas - à hauteur d'homme - que le père d'Yvon Barbazon et ses copains en avaient profité un jour pour faire une blague :
Disons qu'à l'époque on faisait des blagues qu'on n'oserait plus faire maintenant sinon la gendarmerie interviendrait tout de suite. Oui ils avaient fait une blague, ils avaient monté un chariot, les deux essieux de chariot, sur le toit, donc en équilibre sur le fait du toit.
Beaucoup de ces fermes traditionnelles étaient construites en schistes. Souvent sans mortier, en pierre sèche comme on dit. Un circuit pédestre vous invite d'ailleurs à sillonner le village à la découverte de cette technique.
Les pierres provenaient de la carrière en contrebas du village, jamais exploitée industriellement, mais dans laquelle on était autorisé à se servir gratuitement.
Il fallait quand même aller battre mine comme on disait à cette époque là, c'est-à-dire utiliser des explosifs, pour faire tomber la pierre.
Et surtout la ramener de la carrière sur le chantier, comme pour la maison des parents d'Yvon, construite au début des années 1950. Pour ça heureusement, tout le village était solidaire
On organisait ce qu'on appelait à cette époque là une " kerwée ". Qu'on pourrait traduire par le mot " corvée " en français. Mais en réalité c'était pas une corvée parce que c'était quelque chose qui était fait volontairement et gracieusement je vais dire, les gens aimaient bien de le faire. Les gens, le dimanche, parce qu'ils ne fallait pas prendre leur temps en semaine, les gens donc, prenaient leur attelage, leur cheval, leur chariot et conduisaient les pierres de la carrière, à l'endroit où on avait notre maison. Il fallait bien sûr l'autorisation de Monsieur le Curé parce qu'on travaillait le dimanche.
Si Gros-Fays reste emblématique d'une Wallonie rurale à préserver et à valoriser, le village a cependant nettement évolué :
C'était pas le même village en 1950. C'était tout des petites fermes avec des fumiers le long de la route, le purin qui coulait partout, des routes en mauvais donc c'était pas du tout le village que l'on connaît maintenant qui est tout à fait restauré.
Gros-Fays a donc su garder le charme de l'ancien temps, tout en allant de l'avant. Et c'est tant mieux car contrairement à ce qu'on dit souvent, c'était pas toujours mieux avant.
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