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En septembre 1916, le 32ème corps d'Armée Français reçoit une lourde mission : prendre ce village et couper la route aux Allemands sur l'axe stratégique entre Bapaume et Péronne.

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Nous sommes à Rancourt, devant la chapelle du Souvenir français.
En septembre 1916, le 32ème corps d'Armée Français reçoit une lourde mission : prendre ce village et couper la route aux Allemands sur l'axe stratégique entre Bapaume et Péronne. Les combats vont être longs, 3 mois, et très violents.
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Le 25 septembre 1916. Un jeune soldat, le Lieutenant Jean Du Bos est tombé ici. Il avait 26 ans. A la mémoire de ce fils tombé pour la France et celle des autres victimes de cette bataille, la famille Du Bos a fait construire cette chapelle, en pierre de taille. Aujourd'hui, c'est l'Association du Souvenir Français qui entretient ce Monument. >
Dans la chapelle, on trouve aussi plusieurs centaines de plaques à la mémoire des soldats tombés ici. >
Chaque mois, Jean Pierre Dessain, le gardien des lieux et le président de l'Association, continue d'avoir des demandes des familles pour ajouter de nouveaux noms. Et parfois, il comble de bonheur certaines :
" Un jour, un monsieur d'une quarantaine d'années est venu frapper à la porte en me disant " voila je suis accompagné de ma grand-mère. Vous êtes mon dernier recours parce qu'on a tout fait et on ne le retrouve pas. " Et on retrouve ici le corps du membre de la famille de ce monsieur. La mamie arrive avec le petit fils, je les accompagne devant la tombe. Et au retour du cimetière, la mamie qui me dit : " vous ne pouvez pas imaginer le bonheur que vous m'avez apporté, je viens de me recueillir sur la tombe de mon papa que je n'ai jamais connu. "
< Observez aussi à l'intérieur, les vitraux consacrés aux soldats de la Grande Guerre. Il y a notamment un christ représenté avec un casque de poilu au bas de la croix.
A côté de la chapelle, vous pourrez aussi visiter un petit musée abrite également des objets personnels qui ont appartenu à ces soldats morts à Rancourt. >
Regardez maintenant autour de cette chapelle : il y a trois cimetières.
Un Français donc, mais aussi un Anglais et un Allemand.
Vous me direz, un cimetière, c'est un cimetière après tout ; et bien non ! L'historien Jean-Jacques Becker lui peut vous expliquer longuement comment les différentes nationalités organisent leur cimetière après une bataille. A chacun sa façon.
"Les croix ne sont pas de la même couleur, pas de la même forme. Les cimetières britanniques sont extrêmement nombreux car le gouvernement britannique souhaitait que l'on enterre ses soldats à peu prés là ou ils étaient tombés. Tandis qu'au contraire, pour les Allemands comme pour les Français, il y a eu des regroupements.
La France de l'entre deux guerres est une France en deuil. Par les morts, les mutilés, les blessés, les veuves et une fois l'armistice signé, les combattants veulent faire reconnaître non pas leur victoire mais leur sacrifice. Et comment mieux honorer ces sacrifices qu'en élevant partout un monument aux morts. "
Et alors pourquoi les croix des cimetières allemandes sont-elles noires ?
La couleur du deuil peut-être?
Peut-être. Parce qu'aussi ce sont les alliés qui ont choisi et attribué le noir aux vaincus. Ca reste un mystère, personne n'a vraiment la réponse. Ce qui est sûr en revanche c'est que cette bataille a été sanglante pour tout le monde.
A quelques kilomètres d'ici, la commune de Bouchavesnes-Bergen a elle aussi été victime de son emplacement stratégique. Les Français l'ont reprise aux Allemands le 12 septembre 1916. Bouchavesnes était entièrement détruite.
Et après la guerre, un riche industriel norvégien a voulu aider une commune dévastée. Le Maréchal Foch lui a désigné celle-ci. Désormais elle est associée à une ville du grand nord, Bergen.
Vous verrez à Bouchavesnes-Bergen une statue de bronze dans la rue principale. C'est le Maréchal Foch. Et sur la mairie, le portrait du bienfaiteur scandinave.
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