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Les Monuments du Parc de Champagne

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Les Monuments du Parc de Champagne

Les oubliés de la Grande Guerre

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Les Monuments du Parc de Champagne
Ce parc s'appelait auparavant le parc Pommery. Les employés des caves de champagne Pommery venaient s'y détendre. Leur patron, le marquis de Polignac, le père des Jeux Olympiques d'hiver, y crée le 1er centre d'éducation physique de France. Les plus grands sportifs de l'époque sont venus s'y entrainer comme l'athlète Jean Bouin.
Augustin : Voilà l'un des monuments qui rend hommage ici aux victimes de la Grande guerre : le monument des sportifs. Si mes notes sont exactes, il a été inauguré le 11 novembre 1923 en hommage aux morts des société sportives rémoises. 117 noms y sont gravés, ainsi que les noms des clubs.
Et je pense que le monument de l'Armée noire est là-bas...
Bruit de pas
Le monument à l'Armée noire est dédié aux soldats du continent africain qui se sont battus pendant ce conflit. C'est le ministre de la guerre, André Maginot, celui qui a donné son nom à la ligne de défense de la France, qui pose la première pierre en 1922. La presse rapporte à l'époque quelques extraits de son discours : La France dit-il ne compte plus 40 millions de Français. Elle compte 100 millions de Français. Ce jour là, le ministre de la guerre fait de l'Empire colonial et de ses habitants envoyés au front une part entière de la France.
Musique militaire
Augustin : si j'avais été journaliste pendant les années 20, j'aurais peut être vécu le jour de l'inauguration de ce monument. J'imagine la fête avec la musique militaire et la présence du ministre des Colonies Edouard Daladier. Comme le dit Jean-François Boulanger, professeur d'Histoire à l'Université de Reims, c'est un vrai signe de reconnaissance pour ces hommes de l'Infanterie coloniale qui se sont battus pendant la 1ère guerre mondiale autour de Reims. Notamment pour la reconquête de la ville en 1914. Et pourtant, moins de 20 ans après sa construction, le monument disparait. Qu'est ce qui s'est passé ?
Remontée de la musique miltaire
JF Boulanger : " En 1940, lorsque les Allemands entrent dans Reims, ils vont s'emparer du monument. Le monument disparaît. On ne sait pas officiellement ce qu'il est devenu. En réalité, on se doute bien qu'il a été détruit. La raison est assez simple. C'est que le régime nazi supporte mal qu'on fasse un monument au nom de l'Armée noire. Surtout si on se rappelle que ce sont les tirailleurs sénégalais qui ont occupé la Rühr en 1923. Et donc pour les Allemands, l'Armée Noire c'est pas la force noire. C'est à leurs yeux, la honte noire ".
Cet édifice est demantelé en 1940 par les allemands. Mais en 1963, le maire, Jean Taittinger, fait reconstruire à l'extérieur du parc un monument, différent du précédent. Celui qui se trouve actuellement dans le Parc de Champagne n'existe que depuis 2013. Il comporte un groupe sculpté qui est une réplique de l'orignal, mais son socle en est simplement inspiré.
Augustin se déplace du Parc de Champagne dans la ville vers la rue du lieutenant Herduin. Ambiance de ville (le visiteur reste dans le parc de champagne)
Augustin : Tiens... si je lis bien ce plan, j'approche la rue du Lieutenant Herduin. Ah voilà :" le lieutenant Herduin, mort devant Verdun".
Ça me rappelle mon voyage à Verdun il y a quelques semaines. Je pense que quelqu'un m'a raconté l'histoire de cet officier. Oui ça me revient. Le lieutenant Herduin était originaire de Reims. Il a été fusillé sans jugement en 1916 pour avoir deserté. Or c'est une erreur. Il n'a pas fuit l'ennemi. "Lamentable affaire" dit le conseil municipal de Reims après la guerre en 1921. En fait, le commandant de la brigade dont faisait partie le régiment d'Herduin semble avoir voulu trouver des responsables à une erreur tactique de l'Armée Française. Le lieutenant n'a pas voulu fuir. Il ne voulait tout simplement pas être fait prisonnier par les Allemands.
La Ligue des droits de l'Homme alerte elle aussi l'opinion publique. La chambre des députés s'en mêle et finalement le ministre de la Guerre, Louis Barthou propose à la veuve d'Henri Valentin Herduin une somme de 100 000 francs "à titre de réparation civile. Cinq ans plus tard, en 1921, le lieutenant est réhabilité.
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