Reims : ville martyre de la Grande Guerre >

La cathédrale de Reims

Version mobile
English

La cathédrale de Reims

Le monument martyr

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
La cathédrale de Reims
Augustin : Vue du ciel, elle est déjà impressionnante. Mais alors, ici, je me sens encore plus petit face à cette cathédrale. Tous les écoliers de France l'apprennent un jour : elle a été construite au début du 13ème siècle, avant les cathédrales de Strasbourg, Amiens et Beauvais, mais après celles de Paris et de Chartres. Elle a brûlé pluiseurs fois. Le symbole est très important car bien sûr la cathédrale de Reims est le lieu de sacrement des Rois de France capétiens. C'est aussi la cathédrale aux 2303 statues. Notamment celle de l'Ange au sourire, emblême de la ville de Reims.
Face à la cathédrale, le parvis porte le nom du Cardinal Luçon, l'archevêque de Reims pendant la Grande guerre.
Musique (orgue)
Louis Pastré : Elle est splendide aujourd'hui cette cathédrale. Mais vous l'auriez vue juste à la fin de la guerre. Elle n'était plus que ruine. A l'époque où j'étais secrétaire du Cardinal Luçon, j'ai vécu les bombardements. Pas moins de 300 obus !
Ça a commencé dès le premier jour du conflit, le 4 septembre 1914. Les Allemands ont pris la cathédrale pour cible. Tout le monde à Reims était sous le choc. Je vois encore ces deux prêtres qui brandissent un drapeau blanc pour faire cesser les bombardements.
Bruit de bombardement
Augustin : Mais j'y pense. Le célèbre journaliste Albert Londres écrit son premier reportage ici, devant les ruines de la cathédrale de Reims : C'est lui qui dit : "Elle n'est plus qu'une plaie maintenant, la toiture est détruite, par la bouche des gargouilles, coule du plomb fondu". Il n'a rien inventé. Ces gargouilles remplies de plomb existent vraiment. On peut les voir au Palais du Tau ici à Reims.
Mais le plus incroyable, c'est que la cathédrale semble posséder encore ses vitraux du 12ème siècle. En fait, ils ont été recomposés scrupuleusement par le maître-verrier Jacques Simon, grâce à des calques exécutés dans le passé par son père.
Le 25 décembre 1919 : le cardinal Luçon peut célèbrer la messe de minuit de Noël dans une partie de la cathédrale, du côté du croisillon nord et dans une partie du déambulatoire. Mais dans le reste de l'édifice, les dégats sont considérables. La reconstruction va durer 20 ans. C'est le plus vaste chantier de l'entre deux guerres financé en grande partie par les Américains et surtout par le milliardaire John - D. Rockfeller. Il fait un don d'un million de dollars, 18 millions de francs, ce qui est énorme pour l'époque. Un comité franco-américain décide d'attribuer cette somme à trois chantiers : le palais de Fontainebleau, le château de Versailles et la cathédrale de Reims.
Hymne américain
Les travaux sont complexes et très coûteux.
A partir de 1924, la fondation John D Rockfeller finance la charpente et le clocher à l'ange. En 1936, le chantier peut se terminer enfin grâce au plan Marquet, la loi qui finance des grands travaux pour lutter contre le chômage.

Les travaux de reconstruction de la cathédrale de Reims durent au total près de 20 ans. Le 18 octobre 1937, elle est à nouveau consacrée  par le cardinal Suhard, en présence du président de la République Albert Lebrun.
Retour haut de page