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Jonchery-sur-Vesle

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Jonchery-sur-Vesle

La guerre vue du ciel

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Jonchery-sur-Vesle
Augustin : (s'adressant au pilote avec une voix " radio ") 
Pilote... Est ce que vous savez que c'est ici, au-dessus de Jonchery que pendant la première guerre mondiale, le 5 octobre 1914, a lieu le tout premier combat aérien ?
Vous voyez la petite place devant la gare ? Elle a été baptisée Place Frantz et Quenault. Les noms du pilote et du mécanicien de cet avion qui mitraille ce jour-là un appareil allemand en plein vol.
Bon, on peut se poser dans ce coin ? Je voudrais aller voir l'endroit de plus près...
Transition sonore entre un bruit d'un petit avion moderne et celui d'un biplan du début du 20ème siècle.
Louis Pastré : Je me souviens encore de leur visage dans les journaux. Ils s'appelaient Joseph Frantz et Louis Quenault. Ils ont raconté que ce 5 octobre, leur appareil avait décollé du terrain de Lhéry à 10 kilomètres de Jonchery.
Bruit d'un avion qui décolle
Louis Pastré poursuit : Ces deux garçons doivent aller larguer leurs six obus sur des troupes allemandes dans le secteur du fort de Brimont. Au retour, Joseph Frantz aperçoit un avion ennemi. Quenault, le mécano, prend le fusil mitrailleur de l'appareil. Il tire 47 cartouches.
Bruit d'une arme qui mitraille
Louis Pastré poursuit : Son arme s'enraille mais l'avion allemand se met sur le dos et pique vers le sol où il s'écrase et prend feu dans les bois près de Jonchery.
Bruit d'un avion qui s'écrase
Louis Pastré poursuit : Six jours plus tard, Frantz et Quenault reçoivent la croix de chevalier de la Légion d'Honneur pour le premier et la Médaille militaire pour le second.
C'est également à Jonchery-sur-Vesle que repose le Chef de l'Aéronautique de la Ve armée sur le front de Verdun, en 1916. Le commandant Tricornot de Rose. Il est considéré comme le père de l'aviation de chasse française. Sa tombe se trouve au cimetière de la commune.
A l'armistice, en 1918, l'aviation militaire française compte 10.000 appareils. Près de 16.450 pilotes ont été formés mais 5500 pilotes sont morts, tués par l'ennemi ou dans un accident.
Quelques années avant la guerre, en 1909, le premier meeting aérien se déroule à une vingtaine de kilomètres d'ici à Bétheny, juste à côté de Reims. C'est le marquis de Polignac, le patron d'une des grandes maisons de Champagne, Pommery, qui est à l'initiative de cet événement.
Louis Pastré : Il avait du nez le marquis ! Faire venir près de Reims les meilleurs pilotes du monde et leurs appareils...Mais la vedette ? Sans aucun doute, l'Américain Glenn Curtiss vainqueur du tout premier trophée Gordon Bennett. Une course de vitesse que Curtiss remporte à plus de 75 km/h en biplan.
A Bétheny, j'ai vu aussi Henri Farman qui bat le record d'endurance : plus de 150 km parcourus sans interruption !
En tout, 41 aéroplanes sont présents pendant cette grande semaine de l'aviation. Pour l'époque, c'est considérable !
Ce n'était que le début de l'aviation. Comme le disait à l'époque David Lloyd George, le futur premier ministre de la Grande-Bretagne : "Les machines volantes ne sont plus des jouets et des rêves ; elles sont devenues une réalité. "
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