Reims : ville martyre de la Grande Guerre >

Fort de la Pompelle

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Fort de la Pompelle

La guerre sur l'eau ...

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Le fort de la Pompelle
Pendant la 1ère guerre mondiale, il se trouve sur la ligne de front. Les Allemands sont à peine à 200 mètres. Si le fort tombe, Reims tombe aussi.
Augustin : Impressionnant ce fort ! Au moment de la grande Guerre, à l'entrée, il y avait un pont levis, ça se voit encore sur les photos de l'époque. Le fort de la Pompelle a été construit en 1883 juste après la défaite des Français à la fin de la guerre de 1870. Il fallait éviter toute nouvelle invasion de l'Empire Allemand. Le plan du Général Séré de Rivières permettait de protéger les hauteurs de Reims avec au total 7 forts : Witry-les-Reims, Nogent l'Abbesse, Brimont, Saint-Thierry, Fresnes, Montbré et puis donc la Pompelle.
Et pourtant, avant même que la Grande Guerre ne commence, ce fort est déjà désarmé en 1913. C'est assez facile à comprendre : les armes sont devenues trop puissantes pour ce genre d'ouvrage. En 1914, le Général Foch dit même que les 7 forts de Reims sont devenus " nuls ". Mais alors pourquoi les Allemands et les Français se sont disputés la Pompelle ?
Je sais qui pourrait me répondre : le directeur des musées historiques de Reims. Il ne doit pas être loin...
Du 4 septembre 1914 jusqu'au lendemain de la bataille de la Marne, l'armée Allemande occupe la ville de Reims et le fort de la Pompelle. Elle n'a pas besoin de se battre car les Français l'ont déjà déserté. Le 13 septembre, les Français reprennent la ville. Mais il leur faut encore 10 jours de combats violents pour s'emparer du fort.
Bruit d'artillerie
Augustin face au directeur des musées  :
Marc Bouxin, vous le directeur des musées historiques de Reims, est-ce que vous pourriez me dire pourquoi la Pompelle, le plus petit des 7 forts de Reims, redevient stratégique en 1914 ?
Marc Bouxin :
" La clé de voute du système de défense de Reims c'était le fort de la Pompelle, qui dominait la ville, qui bloquait toute ce qui pouvait descendre des hauteurs. Parce que si les Français ne pouvaient pas aller jusqu'en haut des collines pour déloger les Allemands, vice versa les Allemands ne pouvaient pas débouler pour attaquer les faubourgs de Reims. Il fallait passer sur les côtés. Au nord, il y avait le massif de St Thierry, qui était pratiquement imprenable. Et la seule solution vers la plaine du Sud, c'était d'attaquer par la par les Allemands. Mais il y avait un hic, c'était le fort de la pompelle ".
Augustin :
Voilà pourquoi le Général Foch qui avait qualifié les forts de
Reims de " nuls " disait aussi que leurs positions étaient excellentes.
Un officier de la Marine Nationale m'a également raconté que des canonnières fluviales ont été envoyées ici, sur le canal qui passe sous le fort. Elles pouvaient s'y abriter pour échapper aux tirs de l'ennemi.
J'ai une autre question... J'ai vu en arrivant au fort une de ces bornes du Touring Club de France, qui matérialisent la ligne d'avancée ultime des Allemands en 1918. Et j'ai remarqué un détail : cette borne a été financée par l'Amicale des Anciens combattants Mexicains ! C'est une blague ? Que sont venus faire ici les Mexicains ?
Marc Bouxin :
" Effectivement. Il y a à peu près 200 Mexicains qui, pour des raisons tout à fait personnelles, peut-être d'ascendance, d'amitié ou de parenté, se sont engagés pour la durée de la guerre dans l'armée française. C'était pas une unité mexicaine, ils avaient été intégrés à l'Armée Française. Et comme ils venaient d'outre atlantique, on a jugé bon de les mettre dans l'Infanterie Coloniale, qui combattait à la Pompelle justement en 1918 ! "
Autour du fort de la Pompelle, il y a aussi le souvenir de la présence du corps expéditionnaire russe qui s'est battu avec la France. 18 000 russes ont été engagés dans le pays pendant la Grande Guerre, surtout pour défendre Reims. Si la France a su garder le fort de la Pompelle après 1914, c'est notamment grâce à la Russie.
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