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Caves Taittinger

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Caves Taittinger

Sous nos pieds : des bulles et quelques mots de poilus

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Les caves Taittinger

Les sous-sols de Reims renferment 120 kilomètres de caves et de tunnels exclusivement dédiés au stockage du champagne. Plus d'un milliard de bouteilles dorment dans ces sous-sols de la ville. Les origines de ces caves remontent à l'époque gallo-romaine, quand des blocs entiers de craie sont extraits pour servir de pierres de construction.
Les caves de la maison Taittinger ont été utilisées pendant la guerre 14/18. Et pas seulement par les militaires.
Augustin : La visite des caves de champagne à Reims ... Bonne idée ça pour comprendre comment les soldats ont vécu jusqu'à 18 mètres sous terre. Je me couvre car il n'y fait pas très chaud en bas. Je vais retrouver un responsable de Taittinger, Jean-Pierre Redont ...
Bruit de pas dans un escalier - Ambiance cave
Ah bonjour ! Dites moi... où sommes-nous ici ?
JP Redont : Cette cave Taittinger repose en fait sur la cave de l'ancienne abbaye St Nicaise, l'abbaye a été rasée au 18ème siècle. Et dans les caves, il y a des vestiges et ici par exemple nous sommes dans la chapelle souterraine dans laquelle on peut voir des graffitis laissés par des soldats. Pendant la 1ère guerre mondiale, cette cave sert d'hôpital pour des soldats français. Et comme vous le savez, la craie c'est un objet très souple, très friable, très facile à graver. Et on a beaucoup de graffitis faits par les soldats, de sculptures certaines assez jolies.
Augustin : Que disent ces soldats avec ces graffitis ?
JP Redont : Y'en a un qui est très intéressant ... c'était un soldat qui se présentait comme on doit le faire à ce moment là. En donnant le numéro de régiment, le numéro de sa section, etc... Il donne les campagnes : donc il fait 14, 15, 16. Il fait quand même trois années de guerre.
On en a un autre assez grand d'ailleurs, où on voit juste deux initiales RF pour République Française. Et on en a un autre fait par des civils où il y a une date, c'est en septembre 1914, et où il dit : voilà nous sommes 300 personnes réfugiées dans cette cave tel jour. "
Augustin : Quand même.... Drôle d'endroit pour installer un hôpital ?!
JP Redont : Oui... ! Drôle d'endroit, c'est sur. Mais au moins ce qui préoccupait les gens à ce moment là c'est d'être protégé. Reims est en plein sur la ligne de front, les tranchées sont à moins d'un kilomètre de la ville. Donc là, on est à 12 mètres sous terre, donc on est protégé même si l'environnement est plutôt difficile : ici il y a 90 % d'humidité et une température de 10 degrés tout au long de l'année ".
Augustin : Oui... parce qu'ici on conserve du champagne. Pendant la guerre, les maisons de champagne ont continué à produire et donc à stocker des bouteilles ici, au milieu des lits de l'hôpital. Les historiens racontent que certains soldats n'hésitaient pas à se servir. Il y a même une boutade qui circule : tant qu'il restera une bouteille de champagne à Reims, les poilus ne lâcheront jamais la ville.
Pendant le conflit, les caves de champagne n'hébergent pas que les militaires. Après la destruction de la mairie, la maison Veuve Clicquot abrite la municipalité dans ses celliers. Et ici chez Taittinger, une salle de classe est installée en rez-de-jardin.
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