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Tracy le Mont

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Tracy le Mont

Le sacrifice des Zouaves

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Tracy le Mont
Depuis 1998, cette commune est un village mémoire. Pendant la guerre, un millier de soldats a vécu en permanence ici, notamment dans les carrières transformées en casernement. Placés à l'arrière du front, ils étaient chargés des opérations de génie. A eux de préparer le matériel des combattants. D'autres étaient aussi chargés de tester l'utilisation des gaz.
Bruitage grenade
Une voix de soldat : " Attention Gaz ! "
Des soldats français sont également tombés à Tracy le Mont. Notamment lors de la bataille de Quennevière en 1915.
Arrivée de la voiture d'Augustin qui se gare pres du Monument aux morts
Augustin : Le voilà le Monument aux Morts. Chaque commune en France ou presque en a un pour rendre hommage aux habitants morts pour la France.
Ça me rappelle qu'ici, il y a eu 11 journées d'une terrible bataille en juin 1915. A cette époque, la France veut mener contre les Allemands une opération de diversion. Foch retient le plan du Général Nivelle. Tout va se passer dans un triangle d'à peine un kilomètre, dans le secteur de la ferme de Quennevière.
La bataille commence le 6 juin à 10h00 avec l'artillerie française.
Bruits de tirs d'artillerie
Mais un quart d'heure plus tard, c'est l'infanterie qui monte au front. Et cette fois encore, ce sont les Zouaves qui vont se battre. Ils prennent les Allemands par surprise. Mais derrière, la relève ne suit pas. Les Zouaves se retrouvent seuls face à l'ennemi.
A Tracy le Mont, le curé du village n'a jamais oublié cette journée. J'ai retrouvé le récit de la bataille fait par l'abbé Callard :
Abbé Callard : " Après un résultat très heureux d'une première journée, notre attaque est enrayée malgré l'héroïsme de nos soldats (...) Combien hélas sont encore tombés dans ces journées et reposent aux cimetières de Quennevières, de l'Escafaut, du chemin de Moulin sous Touvent. Volontiers, devant ces milliers de croix qui se dressent partout sur le sol de notre cher Tracy, je redis les vers d'un de nos grands poètes, Henri de Régnier :
"Salut, ô premiers morts de nos premiers combats.
A vous, tombés au seuil de la grande espérance.
Dont palpite le Coeur ébloui de la France.
Héros, je vous salue et ne vous pleure pas".
Les Zouaves emmenés par le Capitaine Charlet n'ont pas le choix : dans la nuit du 6 au 7 juin 1915, ils doivent battre en retraite. Dans les jours qui suivent, la France subit de très lourdes pertes : 7700 hommes dont 134 officiers. Du côté allemand, près de 4000 soldats.
Augustin : Et pourtant, les Zouaves se sont encore montrés très courageux.
Quelque chose m'étonne quand même : leur tenue a changé depuis la bataille de Carlepont, un an plus tôt. Quand on compare les photos, c'est flagrant :
Augustin utilise sa tablette numérique pour regarder deux photos
En 1915, ils ne portent plus l'uniforme oriental traditionnel. A la place, ils ont une tenue aux couleurs marron jaune. Et surtout un pantalon moins ample, une veste coupée à l'européenne et parfois un casque metallique.
A la fin de la guerre, les usines de Tracy sont en ruine et les champs le plus souvent inexploitables. Seule une partie des 2000 habitants, évacués pendant le conflit, reviennent progressivement. Mais à ce jour, la population de la ville n'a toujours pas rattrapé son niveau d'avant guerre.
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