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Plessier-de-Roye

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Plessier-de-Roye

Vue imprenable sur les soldats français

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Plessier-de-Roye
Dès le début de la guerre, ce lieu est stratégique pour les Allemands. Pas pour le château. Mais pour la butte du Plémont. Elle donne une visibilité très large du front dans le secteur de Noyon.
Lors de la guerre de position, Plessier-de-Roye se situe en première ligne française. Les Allemands s'y installent dès le début du conflit jusqu'en mars 1917 quand les Français réinvestissent la butte après le recul germanique. Mais le retour de l'ennemi sera violent en 1918.
Bruit de pas. Augustin s'arrête devant les ruines du château.
Augustin : Voilà j'y suis. Ça correspond bien à ce qu'écrivait l'Académicien Henry Bordeaux :
" Je prends à droite le petit chemin qui mène au Plessis-de-Roye. Du village, de la vieille église ogivale, il ne reste à peu près rien. Le château a coulé dans les douves, que ses pierres ont presque comblées. Un pan de la façade, toute dentelée par les projectiles, se dresse encore... "
Ça c'est en 1938. Mais il faut que j'essaie d'imaginer ce château avant sa destruction. Les douves médiévales et les murs du Parc servaient d'abri aux Français. Mais dans son carnet, le peintre des armées, Jean Delattre, explique qu'il a dessiné le château.
Jean Delattre : C'est après le départ des Allemands du secteur de Plessier-de-Roye, en mars 1917, que j'ai passé quelques jours sur la butte du Plémont. Cette fois, j'avais eu droit à une voiture avec chauffeur. Ça me changeait du train.
J'ai vu ces habitants de retour chez eux, dans un village ravagé par les combats et les bombardements. Ils se réinstallent dans les ruines ou dans des baraquements provisoires. Et pourtant, le pire est à venir pour eux.
Explosion d'obus
Jean Delattre : Au printemps 1918 les Allemands sont de retour. Ils lancent le 21 mars une grande offensive entre l'Oise et la Scarpe et plus précisément entre l'Est d'Arras et le Sud de St Quentin pour enfoncer le front franco-britannique. Ils y parviennent mais  les divisions du  général Von Hutier sont stoppées le 30 mars à Plessier de Roye et au Plémont.
Le 9 juin 1918, les Allemands  lancent une nouvelle offensive  sur un front de 40 km. Cette fois pour ouvrir la route de Compiègne, l'ennemi mène des bombardement intensifs avec des obus à gaz. A force d'insister, les soldats du Kaiser reprennent la butte du Plémont et le village.
Les Allemands y restent jusqu'en août 1918.
Jean Delattre : Après la guerre, je suis revenu ici et j'ai vu des dégâts encore plus importants. Le château et l'église sont détruits. Des dizaines d'années plus tard, il reste encore des tranchées de 2 mètres de profondeur.
Plessis-de-Roye est libérée le 21 août 1918 lors de la grande contre-attaque de la IIIème armée.
Le 7 juin 1921, le Maréchal Foch inaugure le monument " Aux défenseurs de l'Ile de France " en face des ruines du château. Il est signé de l'architecte Firmin Michelet, son ami d'enfance qui a aussi réalisé sa statue, installée dans la clairière de l'armistice à Compiègne.
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