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Georges Clémenceau : " Les Allemands sont à Noyon "

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Cette ville est occupée par les Allemands pendant une grande partie de la 1ère guerre mondiale. Pratiquement quatre années. Très difficiles pour la population civile. Elles sont résumées sur le Monument au Mort construit en béton, en ciment et en pierre calcaire à proximité du parvis de la cathédrale, sur la place de Béziers.
Augustin : C'est ça que je voulais voir sur ce monument : les quatre bas reliefs qui rappellent les grands épisodes de la guerre ici, à Noyon.
Le premier c'est la prise d'otages du 29 septembre 1914 ... c'est le début de l'occupation,
Et puis le 2ème épisode avec l'entrée des troupes françaises du 13ème Corps le 18 mars 1917. C'est le moment où les Allemands quittent la ville car ils décident de réduire le front entre Arras et Soissons.
Et puis il y a les ruines de Noyon le 25 août 1918 après l'ultime bataille et juste avant la libération de la ville. C'est le 3ème épisode.
Enfin, le 4ème épisode : la remise à la ville de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre le 10 juillet 1920 en présence du Maréchal Joffre.
Oui ... c'est un bon résumé.
La 1ère guerre mondiale à Noyon impose des années très douloureuses pour les habitants. Symboliquement d'abord quand la Kommandantur s'installe à l'Hôtel de Ville. Dans la nuit du 28 au 29 août 1914, le maire de Noyon prévient la population que la situation devient critique à cause de l'approche des Allemands. Il leur conseille de partir.
Augustin : Je viens de retrouver un récit du maire quand en 1914 les Allemands occupent sa ville. Voilà ce qu'il raconte : " Ah ! je devais les connaître de près, ces tristesses-là! les femmes demi-nues, les enfants en larmes, les vieillards se traînaient, tous fuyaient, les yeux hagards, les uns sans le moindre bagage, les autres surchargés d'objets encombrants, quelquefois tristement ridicules à un pareil moment ".
Ce qu'écrit le maire de Noyon fait froid dans le dos...
A ceux qui restent, les Allemands imposent des restrictions, des pillages, des brimades, des privations. Parfois, ils déportent même des habitants. En 1915, Georges Clémenceau, qui deviendra deux ans plus tard président du conseil, prononce cette phrase historique : (Augustin cite) " Les Allemands sont à Noyon ". Une façon de dire qu'ils approchent Paris.
Les Allemands quittent la ville en mars 1917 mais sont de retour un an plus tard lors d'une grande offensive sur la Picardie, l'opération Michael. Pour affaiblir l'ennemi, l'artillerie française bombarde le secteur de Noyon. Le 30 août 1918, la ville est enfin libérée par le 5ème corps d'Armée américain.
Augustin : La guerre se termine et ce monument aux morts va donc être construit. Il est inauguré le 22 mars 1925. Ce jour là, le maréchal Joffre est présent et la Marseillaise retentit. Et le sénateur maire de Noyon, Ernest Noel s'adresse aux habitants :
Extrait marseillaise
Voix du maire avec un peu d'écho
Le maire : " Ah! chères et malheureuses familles noyonnaises, croyez bien que les vôtres ne seront jamais oubliés, et que vous aurez cette suprême consolation de penser que leurs noms seront transmis aux générations futures comme un exemple d'héroïsme et de suprême dévouement à la patrie (...) Ce Monument dont vous admirez les proportions élégantes et sobres, mes chers concitoyens, à un double but : garder pieusement le nom de nos Morts et inscrire sur la pierre indestructible l'histoire de Noyon à travers la guerre "
Applaudissements
L'Histoire de Noyon pendant ce conflit, c'est celle d'un symbole : l'occupation allemande à proximité de Paris pour laquelle la ville a été un véritable verrou stratégique. Le 8 septembre 1918, canne à la main et chapeau sur la tête, Georges Clémenceau devenu Président du Conseil, visite la ville libérée mais réduite à un champ de ruines.
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