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La Taule

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L'expérience des chars d'assaut

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La Taule

C'est ici sur ce plateau, entre Méry la Bataille et Ressons sur Matz que les chars français ont subi les plus lourdes pertes de la 1ère guerre mondiale. Le 11 juin 1918, sur 169 engins engagés, la moitié est détruite. Au moment de la contre offensive du Général Mangin, les canons allemands avancent vers l'Est et tirent sur les chars d'assaut français.
Augustin : Voilà c'est ici. La Taule. Un passionné de l'histoire des chars pendant la Grande Guerre m'a parlé de ce secteur de l'Oise. Il disait que le futur Général Patton, un des grands commandants de l'armée américaine de la seconde guerre mondiale était venu ici en 1918 pour se perfectionner sur l'usage des chars d'assaut. A l'époque, il est colonel. Celui qui m'a confié cette anecdote est le président de l'Association Juin 1918 Mémoire des Chars, Bruno Jurkiewicz. Il m'a déjà expliqué au téléphone que ce n'est pas pour la Grande Guerre que les chars ont été inventés mais bien avant, lors de la guerre de Crimée en 1854. Le maréchal Kitchener, secrétaire d'Etat anglais à la guerre en 1914 considère le tank comme un " pretty mechanical toy ", " un joli jouet mécanique ". Ce sont pourtant les Britanniques qui les utilisent les premiers lors de ce conflit, à Flers pas loin d'ici, dans la Somme.
Un jouet ? Je crois que c'était surtout un moyen de sortir de cette guerre de tranchée. Tiens voilà Bruno Jurkiewicz....
Bruit d'un char qui avance
Bruno Jurkiewicz :
" Ce sont des chars qui font un bruit épouvantable. Ils sont sur des chenilles Caterpillar. Bon c'est 12 tonnes ! Mais ça fait un bruit épouvantable dans le village, ça fait de la poussière partout. Oh et puis ils n'avancent pas vite. 5, 6 à l'heure. Parce qu'ils sont réglés à la marche de l'infanterie lors des attaques ".
Augustin : Et c'est vrai que ces chars tombent souvent en panne ?
B.Jurkiewicz :
" Ce sont des chars qui font un bruit épouvantable. Ils sont sur des chenilles Caterpillar. Bon c'est 12 tonnes ! Mais ça fait un bruit épouvantable dans le village, ça fait de la poussière partout. Oh et puis ils n'avancent pas vite. 5, 6 à l'heure. Parce qu'ils sont réglés à la marche de l'infanterie lors des attaques ".
Augustin : Et c'est vrai que ces chars tombent souvent en panne ?
B.Jurkiewicz :
" Tout à fait. Ah parce qu'on n'en est qu'au balbutiement. Au niveau mécanique, c'est pas fiable, On répare tant bien que mal. Lors d'un engagement, sur une batterie de quatre, il y en a bien deux qui tombent à chaque fois en panne. On voit les rapports : y'en a qui n'arrivent même pas à partir ! C'est ce qui arrivait souvent par ici. Y a des ateliers de réparation qui font un travail extraordinaire. Ils réparent tout de suite les chars. Le lendemain, le char est prêt et ... on a conçu ça pour les mettre en avant. Pour couvrir l'infanterie. C'est une mission de sacrifice pour moi, ceux qui sont dans les chars ".
Je vous crois... Regardez ce que j'ai trouvé dans les archives de la Défense. Une lettre du lieutenant Orens, chef d'une section du 15ème groupe de chars d'assaut qui se trouve dans le secteur de Lataule. Le 13 juin 1918, il écrit à ses parents (Augustin lit la lettre) : "Nous pensons prendre notre retraite dès demain et nous retirer sur Noroy pour remettre le groupe à point qui en bien besoin ... Mon premier char a pris feu 2 heures apres le départ ..."
Le Lieutenant Orens sera tué un mois plus tard, le 18 juillet à l'âge de 27 ans.
L'utilisation des chars d'assaut à la fin du conflit permet cependant à la France de sortir de l'impasse de la guerre des tranchées. L'armée allemande, elle, n'y croit pas du tout et ne produit qu'une vingtaine de chars. Des engins peu efficaces.
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