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Chiry - Ourscamp

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Chiry - Ourscamp

Un village martyr

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Chiry - Ourscamp
Un village occupé par les Allemands pendant la 1ère guerre mondiale. Un village martyr qui va subir de grandes pertes humaines et d'importants dégâts. En raison de la présence de l'ennemi, il est la cible de l'artillerie française.

Augustin : Je suis donc bien sur la place St Eloi. En face, c'est l'abbaye Notre-Dame d'Ourscamp. Avant la guerre, une filature était installée à l'intérieur. Au moment du conflit, elle ne fonctionne plus mais il y a encore des produits inflammables à l'intérieur. Cela explique en partie l'importance des destructions.
Ambiance de guerre. Bombardement. Incendie. Cri de la population...
Augustin : C'est le premier grand drame vécu par les habitants pendant cette guerre. En février 1915, un tir d'artillerie de l'armée française provoque un feu dans l'abbaye. L'incendie est très violent à cause des produits de la filature. Il va durer trois jours. On le voit dans un rayon de plusieurs kilomètres autour de Chiry.
Le plus étonnant, c'est qu'à ce moment là, l'armée allemande aide la population. Mais ils détruitsent les maisons de Chiry en 1917 lors de leur repli sur la ligne Hindenburg.
Les habitants de cette commune vont connaître ensuite un autre épisode difficile, à la fin de la guerre.
Bruit de tirs d'artillerie
Augustin : En 1918, des bombardements alliés détruisent la Kommandantur de Chiry qui se trouvent dans la rue Royale, la rue principale qui traverse le village. En face, j'ai aperçu tout à l'heure dans la cour d'une maison cette inscription : "Honneur aux bombardements du 123ème Régiment d'Infanterie., avril 1918, signé Epera-Mallet-Baudry" et un dessin d'un aéroplane.
Chiry est donc sous le feu des bombardements. Un des soldats français engagés dans cette bataille, devenu ensuite écrivain a raconté. Voici le témoignage de Georges Gaudy  :
Georges Gaudy : " Les obus s'abattaient par rafales quand nous sommes entrés. Nous avons traversé le village, courant à l'abri des murs. On emportait des territoriaux blessés ; des tuiles balayées par les obus de 150 se brisaient autour de nous Deux obus sifflèrent et j'entendis leur éclatement suivi d'un effondrement prolongé. "-Kapout Chiry! dit le poilu; Je me disais que dans quelques jours, si l'on reste ici, il n'en restera rien!"
Augustin : En effet... lorsque les Allemands se retirent, le village de Chiry est pratiquement entièrement détruit.
Ce que les civils ont enduré pendant cette guerre est impresionnant. C'est aussi le cas de la commune de Noyon, juste à côté. Je vais y aller maintenant...
... mais ça me revient : l'As des As s'est battu ici ! Le célèbre aviateur français Georges Guynemer. Et pourtant, à cette époque, il n'y a pas vraiment de guerre aérienne. En l'air, les Français et les Allemands s'observent. Mais Guynemer, lui, veut en découdre. En 1915, après l'avoir observé pendant plus d'une heure, il abat un avion allemand au-dessus de la forêt d'Ourscamp. L'un de ses nombreux exploits pendant cette guerre avant sa disparition en septembre 1917.
Les Combats pour la libération de cette commune martyre finissent par payer. Ourscamp est libéré le 20 août 1918 par le 4eme régiment des Zouaves ; Chiry le 21 août par le 288e Régiment d'Infanterie.
En 1923, Chiry-Ourscamp se voit remettre la Croix de Guerre. Une distinction réservée depuis 1914 aux combattants courageux mais qui à partir de 1917 est attribuée à des villes qui ont subi de lourdes pertes pendant la guerre.
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