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Souilly

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Souilly

Au QG des Grands chefs de la bataille de Verdun, sur la Voie Sacrée

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Souilly
Cette commune se trouve sur la route départementale qui relie Bar-le-Duc à Verdun et qu'on appelle la Voie Sacrée. Un nom donné par l'écrivain et homme politique Maurice Barrès en référence à l'antique voie sacrée romaine qu'empruntaient les généraux victorieux. Une route entièrement réaménagée pendant la bataille de Verdun en 1916 pour rivaliser avec les 14 voies ferrées dont les Allemands disposent. Une route pour gagner la guerre.
Augustin au volant
Augustin :
Ah Elle est belle cette route aujourd'hui ! Confortable. Mais il faut l'imaginer en 1916 quand elle servait au transport des troupes et du matériel. Si je me souviens bien, 9000 véhicules l'empruntent sans cesse pendant la bataille de Verdun. Une noria disait le Capitaine Doumenc.... C'est lui qui a été chargé de régler le casse-tête du transport entre Bar-le-Duc et Verdun.
Une mission presque impossible : faire circuler un véhicule toutes les 13 secondes !
Tiens, mais c'est certainement d'ici, dans cette mairie, que les ordres lui sont donnés. Quand le Général Pétain est nommé à la tête de la 2ème armée, il installe son Quartier Général à Souilly. Ça se comprend : la mairie était plutôt spacieuse, assez proche du front mais hors de portée de l'artillerie allemande.
Et si j'ai bien compris, le bureau de Pétain, c'était au 1er étage.
Ambiance un peu survoltée
Sonnerie de vieux téléphone
Appels venus du front...
Un officier : Allo... Ou en est-on ? Combien d'hommes manquent à l'appel dites vous ?"
Augustin : mais comment ont ils fait pour mener le combat à Verdun ? C'est un cul-de-sac là bas. Deux lignes de chemin de fer inutilisables et une seule route. Sinueuse, et très mauvaise. Ça devait être un enfer pour les conducteurs des camions et des voitures... C'est ça l'histoire de Marceau que je viens de lire dans le train...
Bruit d'un camion
Marceau Sailly :
Je m'appelle Marceau. Marceau Sailly. De la section TP 112 (Transport de Personnel) du Service Automobile crée en 1914. Avant la guerre, j'étais taxi. C'était quand même plus calme
Les obus éclatent, par un ou par deux, toutes les 8 ou 10 secondes. Je ne descends même pas de mon siège. On fait le gros dos. On se répète le mot des fantassins qu'on amène ou qu'on ramène... Que ce n'est pas tenable, que cette fois, on ne peut plus y échapper !
Mais on n'a pas le choix. Les officiers nous l'ont dit: pas le droit de s'arrêter. Un camion en panne, on le pousse dans le fossé. Il faut que ça roule. Même la nuit parce que les bombardements étaient beaucoup plus rares... J'en ai vu moi des soldats. Quand ils me voyaient au volant, certains hommes me prenaient pour un planqué. Mais moi aussi j'en ai bavé... Et je ne suis pas le seul.  
Fin février 1916, le temps s'est mis à se réchauffer. Et la route à se ramollir. Les camions se sont embourbés. On a fait appel à des civils mais aussi à des soldats de l'armée territoriale. Trop âgés pour se battre, mais assez jeunes et costauds pour pelleter des cailloux. Eux, on les appelait les Pépères .Et eux aussi ont en bavé".
Pendant 7 mois, 16 bataillons de travailleurs, ont jeté sur cette route 900 000 tonnes de pierre. Grâce à eux, la Voie Sacrée est restée opérationnelle pendant toute la bataille. Comme l'a écrit un Général Allemand, " la victoire française de 1918 est la victoire du camion sur le rail allemand ".
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