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Les Eparges

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Les Eparges

"Ce que nous avons fait c'est plus qu'on ne pouvait demander à des hommes et nous l'avons fait" Maurice Genevoix

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Les Eparges

Augustin : " Ah le voilà ce point X. Celui que les Français ont essayé atteindre en 1915 sur la crête des Eparges. D'ici on domine la plaine de la Woëvre occupée à l'époque par les Allemands. C'est ce qu'on appelle le Saillant de St Mihiel. Mais pourquoi donc les Français tenaient tant à prendre cette crête ? C'est ce professeur d'Histoire du lycée Margueritte à Verdun qui pourrait me le dire. Il ne va plus tarder...
Comme l'ensemble des Hauts de Meuse, cette crête est une barrière naturelle face à l'Allemagne. Un Observatoire que les Allemands prennent dès le 22 septembre 1914. Jusqu'en 1918, les Français tentent de reprendre les Eparges. Au prix de combats acharnés.
Augustin : " Franck... On se battait comment ici ? "

Franck Meyer : " Alors.... Les assauts déjà sont des assauts à la baïonnette. A découvert, sous le feu des mitrailleuses et sous le feu de l'artillerie adverse. Donc ce sont des attaques françaises, des contre-attaques allemandes. Quand les Français sont sur les pentes à l'assaut, ils sont sous le feu des mitrailleuses et de l'artillerie allemande qui est sur la crête de Combres un peu plus au nord. Quand il s'agit d'une contre attaque allemande, et bien de la même manière, les assaillants allemands sont sous le feu de l'artillerie française ".
Augustin : " C'est sans fin alors ? "
Franck Meyer : " C'est sans fin ".
Voilà pourquoi dès la mi avril 1915, les deux camps se lancent dans une guerre des mines. Ces explosions creusent de spectaculaires cratères dont 18 sont toujours visibles.
Au total, 50 000 soldats français vont tomber ici. Autant pour les Allemands. Des combats vécus par l'écrivain Maurice Genevoix. Le célèbre académicien a participé à cette bataille. Il a tenu des carnets de guerre à partir desquels il a écrit plusieurs livres dont le plus célèbre en 1923 "Ceux de 14"
Bruit d'un crayon sur du papier. Maurice Genevoix écrit
Maurice Genevoix :
" Ce que nous avons fait c'est plus qu'on ne pouvait demander à des hommes et nous l'avons fait (...) Toujours la même chose : des vols d'obus lointains, des tonnerres lourds, et tout près, rasant nos têtes, la voûte forcenée des 75. La tranchée a l'air creusée par elle, comme par un pic monstrueux ; la terre ne cesse de fumer, dans une moiteur de blessure fraîche. Tout cela n'a pas de sens. (...) Une espèce de farce démente, tourne autour de moi dans un vague trémoussement hideux, incompréhensible et grotesque. "
Dans son camion sur la Voie Sacrée, Marceau en a croisé de ces soldats qui revenaient des Eparges. Epuisés.
Marceau :
" Les Eparges.... ? Ah ça devait être terrible. Je me souviens d'avoir entendu un de ceux du 147ème RI... Georges qui s'appelait. Y me disait que le commandement voulait à tout prix obliger les boches, à quitter Saint-Mihiel. Ca nous a coûté cher ça. Il a fallu attendre l'arrivée des Américains pour y arriver. "
Les premiers contingents des Etats-Unis d'Amérique débarquent sur le front ouest à partir de fin 1917. En septembre 1918, la 1ère Armée américaine libère le saillant de St Mihiel et permet à la France de reprendre enfin la crête des Eparges.
C'est la première grande victoire des Américains : En un seul jour de combat, ils délogent les Allemands de leurs positions, capturent 466 canons et font 13 251 prisonniers. Ils vont ensuite jouer un rôle essentiel dans la contre offensive alliée avant la cessation des combats le 11 novembre 1918.
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