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Notre Dame de Lorette

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Notre Dame de Lorette

La plus grande des nécropoles françaises

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Notre Dame de Lorette
A l'issue du conflit la France choisit d'édifier de grandes nécropoles en hommage aux hommes tombés au combat. Ici, c'est la plus grande. 20 000 corps sont rassemblés. Et dans les 8 ossuaires se trouvent les restes de près de 22 000 soldats non identifiés.
Augustin :
Pratiquement 42 000 soldats ici ! Ça donne le tournis. Des corps qui se trouvaient dans plus de 150 cimetières des fronts de l'Artois, de Flandre, de l'Yser et du littoral belge. Le lieu est symbolique. Ici, c'est le plateau de Notre Dame de Lorette. Les Allemands y sont refoulés quand, en octobre 1914, ils ne parviennent pas à prendre la ville d'Arras. Le point est stratégique : de là ils dominent au nord le bassin minier. Au sud la plaine d'Arras.
Mais quelques mois plus tard, le 9 mai 1915, les Français parviennent à reprendre le plateau de Lorette. Reste l'autre point le plus haut, c'est à dire la crête de Vimy qui résiste même si la Division marocaine, composée de soldats de diverses nationalités fait une percée. La bataille dure 14 jours. Et elle est sanglante. Jusqu'en octobre 1915, 188 000 hommes tombent ici. 100 000 sont français.
Et parmi eux, j'ai trouvé un nom connu. Enfin connu de ceux qui aiment le vélo : François Faber, le vainqueur du Tour de France en 1909 et aussi du Paris Roubaix en 1913 pas très loin d'ici. On l'appelait le Géant de Colombes. Il était Luxembourgeois mais il s'est engagé dès le début de la guerre dans la Légion Etrangère. Son corps n'a jamais été retrouvé. On sait qu'il est mort au combat le 9 mai 1915, mais certains disent que c'était à Carency, d'autres sur le Mont St Eloi.
Cette nécropole est unique parce que c'est la seule associée à un édifice religieux. Cette particularité s'explique par la présence avant 1914 d'une chapelle dédiée à Notre Dame de Lorette. En 1920, l'évêque d'Arras souhaite qu'elle soit reconstruite pour rendre hommage aux combattants qui reposent ici. De style romano-byzantin, elle est associée à une tour-lanterne de 52 mètres de haut. Son phare est visible à des kilomètres à la ronde.
Georges Bouchon :
Je suis un peu chez moi ici. Quand la nécropole a été inaugurée en 1925, les gens affluaient de partout ! Il a fallu encadrer toute cette foule alors, avec d'autres, on s'est portés volontaires pour accueillir les visiteurs et on a créé la Garde d'honneur de Notre Dame de Lorette. Et parfois, le dimanche, c'est moi qui rallume la flamme du souvenir. Vous savez, ici, on est tous bénévoles et notre mission est importante. Lors de la bénédiction de la chapelle en 1927, l'évêque d'Arras a prononcé ces mots gravés sur la tour lanterne : " Vous qui passez en pèlerins près de leurs tombes, gravissant leur calvaire et ses sanglants chemins, écoutez la clameur qui sort des hécatombes : Peuples, soyez unis ! Hommes soyez humains !
Comme le faisait Georges l'ancien mineur à son époque dans les années 50, ils sont aujourd'hui encore près de 4400 bénévoles à accueillir le public à Notre Dame de Lorette.
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