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Loos en Gohelle

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Loos en Gohelle

Sans fleurs, ni couronnes, ni tombes

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Loos en Gohelle
Augustin :
Le Dud Corner. C'est le nom de ce cimetière où 1800 soldats britanniques reposent. Ils sont tombés lors de la bataille de Loos en Gohelle en septembre 1915. Et puis il y a ceux aussi qui n'ont jamais été retrouvés. Leur nom est inscrit sur le Mémorial autour du cimetière. 20 000 combattants disparus ! Mais pourquoi autant de victimes sans sépultures ?
A 25 km d'ici, à Arras, j'ai trouvé l'un des spécialistes de l'Archélogie militaire qui peut m'aider à comprendre. Je pense qu'il est déja là....
Sonnerie aux morts
Au début de la 1ère guerre mondiale, en France, le général Joffre ordonne l'inhumation en fosses communes. Certains contiennent jusqu'à 100 corps. Mais sous la pression des soldats, une loi votée le 29 décembre 1915, impose la sépulture individuelle et permanente. Des tombes dont l'entretien est confié à l'Etat à perpétuité.
Fin de la sonnerie aux morts
Augustin :
Vous devez être Alain Jacques .... Le responsable du service Archélogique à la ville d'Arras ? Bonjour, Augustin Berger, journaliste, je vous ai appelé hier ... Dites moi, est ce qu'il est vrai qu'il y a des corps qui ont été réduits en poussière ?
Alain Jacques :
"On a beaucoup d'exemples maintenant dans la mesure où les fouilles sont minutieuses, de fragments de corps retrouvés. J'ai toujours en mémoire cette paire de chaussures retrouvée dans la boue, qui contenait encore les pieds de ce soldat français, qui étaient en place, mais toute la partie supérieure du corps avait totalement disparu. Et également lors des fouilles de St Laurent Blangy, on a retrouvé un trou d'obus avec encore des restes d'un soldat de même nationalité. Et là les os étaient totalement pulvérisés comme un parebrise de voiture, Ça partait en tout petit morceau. Ce qui explique si le champ de bataille n'est pas conscieusement fouillé, qu'on peut perdre la trace d'énormément de soldats".
Augustin : combien ?
Alain Jacques : Environ... mais là c'est vraiment une approximation, 600 000 corps de soldats français, anglais et allemands, encore à trouver sur les champs de bataille entre les Flandres et la frontière Suisse. On retrouve sur l'ensemble de ce front un ou deux soldats par semaine".
Parfois, les archéologues retrouvent des corps de soldats britanniques soigneusement alignés côte à côte. Une façon de ne pas séparer dans la mort des jeunes volontaires originaires du même village ou d'un même quartier. Beaucoup sont enterrés ici au cimetière du Dud Corner.
A Loos en Gohelle, il n'y a pas que les jeunes hommes qui se sont engagés. C'est ici qu'a vécu une figure locale de la résistance : Emilienne Moreau.
Georges Bouchon :
Emilienne Moreau.... Je la connais son histoire. D'abord parce que son père était mineur de fond, comme moi. Et puis j'ai encore une carte postale vendue après la guerre, qui la montre en costume de deuil avec une décoration. Elle en avait du courage. Quand les britanniques ont tenté de reprendre Loos en Gohelle, elle les a renseigné. Faut dire que pendant ses corvées de charbon, elle observait attentivement les positions allemandes près de la fosse n° 15. Emilienne s'est même battue contre les Allemands. On raconte qu'elle en a tué 4 !
Emilienne Moreau devient une héroïne que certains appellent la Jeanne d'Arc de Loos en Gohelle. Des 1915, des journaux parlent longuement d'elle
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle parviendra à rejoindre Londres en 1944. Elle revient à Lens et sera ainsi l'une des 6 femmes nommées "compagnon de la Libération".
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