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Lens, Monument aux morts

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Lens, Monument aux morts

Hommage aux civils

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Le Monument aux morts de Lens
Il rend d'abord hommage aux Lensois. Il est inauguré en mai 1925 sur la place du Cantin. Il se trouve ici sur le rond point Van Pelt depuis 1972.
Bruit d'une moto qui arrive
Augustin : Tiens, c'est surprenant. Voilà un monument aux morts où des civils sont représentés. C'est assez rare. Il faut dire qu'en quatre ans, cette ville a perdu la moitié de sa population. Certains sont partis, comme cette mère et sa fille qu'on voit avec un baluchon et une poupée. On les imagine contraintes à l'exode. Et le personnage qui piétine une torpille, ça doit être une façon de protester contre la guerre.
C'est ici une allégorie de la ville de Lens representée après une guerre très éprouvante : Dès le mois d'octobre 1914, la commune est occupée. Et elle le reste jusqu'à la libération. Les Allemands occupent des maisons et contraignent les habitants à vivre dans une seule pièce, dans des caves parfois même.
Augustin : Ça me rappelle le journal de Léon Tacquet qui a été édité sous le titre " Dans la Fournaise de Lens ". Ce notaire lensois raconte l'occupation tel qu'il l'a vécue entre 1915 et 1917. Dans son haras, ce grand propriétaire terrien devait héberger des Allemands contre son gré. A la place, aujourd'hui, se trouve le lycée Condorcet. C'est encore sur les terres de Léon Tacquet que l'occupant a implanté un cimetière à partir de 1915.
Le Monument aux morts de Lens a été en très grande partie financé grâce à une souscription publique. L'argent a été récolté par de nombreux moyens comme une tombola, des concours de commerçants, un concert, des combats de coq et même un combat de boxe avec Georges Carpentier, célèbre boxeur des années 20.
Georges Bouchon (qui commence par lire une inscription du monument)
"Lens à ses enfants 1914-1918". Cette phrase, je la connais par coeur. Et quand je vois cette galerie de mine sculptée sur ce monument, ça me fait toujours de la peine. Un assassinat comme disait Emile Basly, le maire de l'époque. Il a témoigné de cela dans ses mémoires publiées à la fin de la guerre. Il raconte que les cuvelages des puits de mines ont été détruits à coup de grenades et d'explosifs. Il y a une phrase d'Emile Basly, très forte, qui dit : En quelques heures, le labeur de plusieurs générations avait été anéanti ".
Mais je préfère surtout me souvenir de l'inauguration du Monument
le 24 mai 1925 avec Edouard Herriot, président de la Chambre des députés ! Y'avait quand même 100 000 personnes ici ! Et puis La fanfare ouvrière municipale, les grands calicots blancs, les fleurs, les drapeaux. Et quand Herriot a parlé "des braves gens" en l'honneur des ouvriers tués au front. Ca m'a fait chaud au coeur.
Mais croyez pas que j'en veux aux Allemands aujourd'hui. Avant
14, ils étaient là aussi pour nous aider. En 1906 par exemple, pour la catastrophe des mines de Courrières. Plus de 1000 morts quand même ! Et bien, des Allemands ont été envoyés pour porter secours aux mineurs. .
Certains soldats de l'armée allemande étaient des anciens ingénieurs qui avaient participé au montage et à l'entretien de puits de mine de l'Artois. L'Histoire a voulu qu'ils reviennent dans le bassin minier pour une mission bien différente.
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