La Grande Guerre sur le Front Occidental : Lens >

Lens, église Saint-Léger

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Lens, église Saint-Léger

La vie après la guerre

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L'église St-Léger de Lens
Comme Arras ou Reims, Lens est une ville martyr pendant la Grande Guerre. D'abord les bombardements alliés causent d'importants dégats. Puis, avant de se retirer, les troupes allemandes ont l'ordre de détruire la commune .Le 18 janvier 1916, l'église St-Léger s'écroule.
Augustin :
Ici donc, en 1918, il n'y avait plus d'église. Des habitants racontent souvent que la ville entière a dû être évacuée en 1917. A la fin de la guerre, il a donc fallu donc tout reconstruire.
Mais très vite, les habitants ont voulu revenir. Au printemps 1919, quelques familles sont même déjà réinstallées dans leurs caves. Et pourtant, ça reste dangereux ici. Parfois des obus éclatent ! Le quotidien est également difficile avec des problèmes de ravitaillement et de logements. Mais la vie reprend peu à peu.
Après tout, ce n'est pas le travail qui manque. Pour 14 francs par jour, des hommes sont employés au déblaiement. Les artificiers eux sont mieux payés. Et puis, il faut remettre les mines en état...
Bruit de machines, pioches, camions...
A la fin de la guerre, dans la région Nord Pas de Calais, 103 fosses minières sont entièrement détruites. Des kilomètres de galeries sont inondées.
Georges Bouchon :
Après la guerre, nous les mineurs, on avait envie de retourner travailler. Mais avant de remonter du charbon, il a fallu reconstruire d'abord la ligne de chemins de fer jusqu'à Lens. Et puis, il faut s'occuper des puits de mine qui sont inondés. On colmate les voies d'eau souterraines avec du ciment. Beaucoup de ciment : 8000 tonnes à Lens. Mais après il faut encore enlever l'eau. Il faut " dénoyer " comme on dit chez nous, avec de grosses pompes. Et puis il faut aussi évacuer un tas de choses qui encombrent les galeries de mines : des poutres, des berlines, des munitions et même des cadavres de chevaux. Et là, l'odeur est insupportable. Un travail de titan qui dure jusqu'en 1923. En 1925, les mines de la region tournent à nouveau et sont modernisées. Comme en 1914, elles redeviennent les premières de France.
Et puis la ville change aussi. La municipalité réaménage toute la commune. On élargit les rues et on en créée de nouvelles, on fait disparaitre les passages à niveaux. Dans les annnées 1920, on a vraiment l'impression de revivre.
Contrairement à Arras où les places sont reconstruites à l'identique, il n'y a pas vraiment de style architectural imposé à Lens. Les architectes ont pu laisser parler leur créativité.
Augustin :
C'est assez incroyable. Une carte postale de 1914 que j'ai trouvée chez un collectionneur dans un marché aux puces represente l'église St-Léger. Et bien, c'est exactement la même qu'aujourd'hui. Elle a été rebatie à l'identique avec toujours le style de la Contre Réforme, très sobre à l'extérieur. Plus proche du baroque à l'intérieur. C'est le seul batiment de la place qu'un Lensois d'avant-guerre reconnaitrait ici.
Pour le reste, tout a changé. La grande nouveauté de la reconstruction, c'est L'Art déco, avec ses formes géométriques et ses motifs floraux. Logique puisque ce style, apparu au début du XXeme siècle, se diffuse surtout dans les années 1920 avec l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925. A Lens, la gare, qui imite la forme d'une locomotive à vapeur, est construite dans le pur style Art déco.
Il n'y a pas que l'Art déco à Lens après la guerre. Le style "néo-flamand " a inspiré aussi quelques belles constructions du centre-ville. A la fin des années 20, la reconstruction est enfin terminée.
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