La Grande Guerre sur le Front Occidental : Lens >

Harnes

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Harnes

Prière de quitter la ville

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Harnes

Bruit d'une moto qui arrive. Le conducteur stoppe le moteur
Augustin : Et bien j'ai trouvé ! Le musée d'Histoire et d'Archéologie géré par l'association des Amis du Vieil Harnes. C'est ici que je devrais mieux comprendre comment la population de toute une commune a été évacuée vers la Belgique et la Suisse pendant la Grande Guerre.
D'octobre 1914 à octobre 1918, les Allemands occupent Harnes située à 10 km du front. La ville devient une base arrière et aussi une base de repos. Les Allemands sont logés chez l'habitant. Ils sont là aussi pour surveiller les puits de mine, le canal de Lens, les routes et pour faire construire en 1916 et 1917 la ligne de défense du maréchal Hindenburg. Une ligne fortifiée de 12 kilomètres qui permet à l'occupant de raccourcir le front et se préparer à une offensive des alliés. Et pendant ce temps, Harnes est vidée de ses habitants.
Augustin : Harnes sans harnésiens pendant 18 mois comme dit le président d'honneur de l'Association, René Debarge. Parce que sur cette ligne Hindenburg, les Allemands ne voulaient pas être gênés par les civils :
René Debarge :
" Ils disent qu'Harnes peut faire un bon point d'appui. Mais pour faire ce qu'on veut, il ne faut pas que les Harnésiens restent. Parce qu'on va utiliser leurs maisons, on va utiliser les poutres de leurs maisons pour avoir du bois de tranchée. Alors, par étapes successives, le commandant de la Kommandantur, a envoyé dans les familles : soyez présent à la gare tel jour telle heure avec un baluchon, pas plus de tant de kilos. Et ces gens là, on les a conduit dans trois villes belges ".
Augustin : des villes qui s'appellent Anvaing, Perwez et Couvin.
Et moi je lisais par exemple qu'à Perwez, il a fallu créer à la gendarmerie 7 nouvelles classes d'école pour 569 enfants. Mais dites, moi, ces habitants d'Harnes ont fini par quitter la Belgique ?
René Debarge :
" Ah.... Ma foi, au bout de ces 10 mois, les Allemands se trouvaient eux aussi de plus en plus en difficulté pour le ravitaillement de leur population et de leurs troupes, ils ont dit : tout ça c'est des bouches à nourrir. Alors il a été décidé de les rapatrier par la Suisse. Alors toutes ces familles harnésiennes ont été invitées à prendre le train, Ils ont passé par Chafouze à la frontière germano suisse Et puis après c'est par Annemasse qu'on a déversé ces populations harnésiennes... "
Augustin (qui coupe René Debarge) : Annemasse ? Mais c'est très loin d'ici.... ? Tous ces gens ne sont donc pas rentrés chez eux à Harnes.
Je comprends alors mieux pourquoi certaines familles racontent dans des lettres que je viens de voir dans votre musée qu'elles se sont ensuite réfugiées chez des cousins ou des grands parents.
A partir de 1919, les habitants d'Harnes ont enfin retrouvé leur ville et leur maison. Des habitations très abimées. Les Allemands ont utilisé surtout le bois pour construire la ligne Hindenburg et aussi pour se chauffer. Il faut alors reconstruire pendant plusieurs années. En 1928, Harnes fête enfin la renaissance de la ville. Aujourd'hui, des habitants de la commune ont encore des liens avec les familles belges qui ont accueilli leurs grands parents ou arrières grands parents pendant la Grande Guerre.
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