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Le Neuve Chapelle Indian Memorial de Richebourg

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Le Neuve Chapelle Indian Memorial de Richebourg

Les combattants des 1001 nuits

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Le Neuve Chapelle Indian Memorial de Richebourg
C'est un monument unique en Europe.
Inauguré en octobre 1927 en mémoire des soldats Indiens tombés pour la France, il rend hommage notamment à 4847 combattants dont les corps ont été incinérés ou n'ont jamais été retrouvés.
Ces soldats indiens ont notamment participé à la bataille de Neuve Chapelle en mars 1915 quand les Britanniques ont tenté de s'emparer de l'unique point haut de la région.
Augustin :
4847... 4847 hommes. Leur nom est gravé par régiment, par grade et puis par ordre alphabétique. Les deux tigres au dessus de cette liste veillent bien sur eux. Le tigre est le symbole national de l'Inde, il symbolise la puissance.
Ces hommes venaient d'encore plus loin que les Portugais. Eux aussi ont souffert du climat du nord de la France. Tellement souffert, que les Britanniques les ont finalement envoyés en Egypte à la fin de l'année 1915.
Les Indiens, les Portugais. Finalement ici, l'expression "guerre mondiale" se comprend encore mieux. J'étais en train de regarder une carte : quand on considère les frontières d'aujourd'hui, 72 pays ont participé aux conflits.
Sur le mémorial Indien de Richebourg, la Couronne Britannique est gravée pour rappeler que ces hommes sont venus de si loin au nom de l'Empire.
Caroline :
Les Hindous. Moi ils me fascinaient. Ils venaient de tellement loin. Une amie m'a raconté en avoir soigné au Collège St Vaast de Béthune. Dans ce batiment, les élèves et les soldats cohabitaient. Et les enfants entendaient les cris de douleur des blessés ! C'était terrible !
Les journaux à l'époque annonçaient l'arrivée de ces hommes qu'on a fait venir après les combats difficiles de 1914. Ils sont arrivés à Marseille et ont ensuite remonté toute la France. Ça a dû être très difficile pour eux, sans vêtements chauds.
Je viens de retrouver cette coupure du Réveil du Nord de 1927. C'était le lendemain de l'inauguration du Monument de Richebourg. Tiens, il y a le Maradjah de Karpurthola avec son costume indien et son turban. Ce jour là, il a dit en anglais que les Indiens étaient fiers d'avoir contribué à repousser la tyrannie de l'envahisseur. Et selon le journal, ce jour là, on a joué la Marseillaise et le God Save the King
(Extrait)
Pour se faire comprendre, les soldats indiens étaient accompagnés d'interprètes, comme Paul Sarrut. Il était aussi un artiste qui a dessiné des soldats indiens à l'heure de la toilette, du rasage, du repas et des soins. Des scènes de répit entre deux combats.
A Richebourg, le Mémorial et le cimetière Britannique du Touret rendent hommage plus généralement aux soldats de l'Armée Impériale Britannique disparus dans ce secteur. Sur les murs en pierre de Nîmes, les noms de 13800 soldats dont les corps n'ont jamais été retrouvés sont gravés. Il y a les frères Gillespie. Thomas, le rameur médaillé aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912, tué le 18 octobre 1914 lors de la Bataille de la Bassée. Et son frère Alexander, tombé le premier jour de la bataille de Loos en 1915.
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