La Grande Guerre autour de Béthune : entre front et arrière-front >

Béthune

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Béthune

Une Ville d'Arrière Front

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Béthune
(Ambiance d'une gare)
Augustin (il descend du train) :
Terminus pour moi ! Voilà donc Béthune. C'était une bonne idée d'y aller en train. La ville est bien desservie. En 1914, c'était déjà le cas. C'est une des raisons pour laquelle les Britanniques s'installent ici, et certainement aussi pour cela que la ville devient une cible de choix pour les Allemands.
Caroline : Si vous aviez vu Béthune pendant la Grande Guerre. Quelle animation ! Nous étions nombreux ici. Aux tables des restaurants, dans les hôtels, les officiers britanniques étaient des clients réguliers. Certains étaient assez friands des bons vins de France. Et puis, je suis un peu gênée de le dire mais... les Français nous admiraient un peu. Leurs officiers se sont mis à s'habiller en kaki ... comme nous.
Ça nous amusait beaucoup !
Sur la Grand' Place de Béthune, les habitants voient tout l'Empire Britannique devant eux. Des Écossais, des Canadiens, des Indiens, des Australiens...La ville vit à l'heure anglaise. Notamment au Café du Globe. Le romancier Robert Graves, capitaine de l'Armée Britannique pendant la guerre, l'évoque dans son autobiographie "Adieu à tout cela".
(Trois coups au théatre, applaudissements)
Caroline :
Ce que nous préférions, c'était le théâtre. Celui du Boulevard Victor Hugo, à deux pas des lieux de cantonnement. C'était LE rendez vous des troupes anglaises. Des soldats britanniques ont même joué la comédie : The beauties of Béthune ! (Les beautés de Béthune). Quel succès !
De quoi oublier un tout petit peu les bombardements qui ont fait tellement de dégats. Et des blessés aussi que j'ai vu arriver à l'hôpital. Tous n'ont pas pu être sauvés. Au cimetière britannique, 2923 soldats sont enterrés.
En avril 1918, pendant la Bataille de la Lys, les Allemands qui viennent de reprendre la ville de Bailleul s'arrêtent à 5 km au nord de Béthune. Sous une pluie de 70 000 bombes pendant 4 jours, la ville doit être évacuée le 12 avril en quelques heures. Son centre-ville est détruit à 90 %.
Augustin : La Croix de Guerre et la Légion d'Honneur. On les voit bien d'ici. Elles sont gravées sur le pignon de l'Hôtel de Ville. Ça me rappelle le discours du Président de la République à Béthune le 28 décembre 1919 à l'occasion de la remise de ces décorations. Je l'ai relu hier soir. Il félicite la ville pour avoir " payé de sa destruction et de sa ruine la vaillante résistance de ses défenseurs et la fière attitude de son héroïque population "
Carillon du Beffroi
Augustin : Tiens, le carillon ! Le Beffroi lui aussi a été en partie touché pendant les bombardements. Il est restauré et un nouveau carillon est installé. Son bourdon est baptisé " VIGILANTE ".
Mais ce qui est étonnant c'est que la Grand Place a conservé son parcellaire médiéval, c'est-à-dire la disposition de ses rues du moyen-âge. Certaines façades sont tellement étroites qu'on peut juste y placer une bicyclette en largeur !
Le style lui est à la fois régionaliste et Art Déco. Chaque façade est intéressante à regarder : des formes géométriques, des mosaïques, et des animaux.
En janvier 1915, la guerre fait rage à quelques kilomètres de Béthune. Mais personne n'imagine encore que le centre-ville sera détruit dans moins de 3 ans.
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