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Sur la tombe de Roland Garros

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Augustin OFF - Le taxi vient de me déposer à Vouziers, près de la tombe de Roland Garros. Le carnet que j'ai désormais en ma possession me fournit de précieuses informations. Et oui, François Gindre, en tant que photographe de l'armée, a été un témoin privilégié. Il a même rencontré Roland Garros début 1915. Il avait l'air d'être un homme hors du commun. D'ailleurs, ce que François Gindre dit de lui est sans équivoque.
François Gindre On m'avait prévenu à propos de ce Garros. Tous les journaux ont fait les gros titres sur ses exploits avant la guerre, lorsqu'il a traversé la Méditerranée il y a deux ans, le 23 septembre 1913. Et ça continue maintenant qu'il est militaire ! Depuis le début du mois, il a déjà abattu deux avions allemands en vol. Avec son ami Saulnier, l'ingénieur, il a mis au point le tir avec déflecteurs : ce sont des petites pièces de métal fixées sur les hélices qui permettent de tirer à travers sans les briser. Je l'ai photographié à côté de son avion. Quelle fière allure ! Toute son escadrille, la MS 26, était là. Une sacrée génération de pilotes ! Eux, ne tomberont pas dans l'enfer des tranchées ! Ah, les glorieux héros ! L'aviation, c'est l'avenir de la guerre et peut-être même du monde.
Augustin OFF - Dans ses notes, Gindre évoque une deuxième rencontre avec Roland Garros, non moins importante puisqu'elle est datée... du jour de sa mort, le 5 octobre 1918.
François Gindre Aujourd'hui, on m'a demandé de photographier Garros en train de monter dans son avion. Il aura trente ans demain. Lui qui a passé presque trois ans captif de l'ennemi, il est toujours aussi brave. Clémenceau lui a bien proposé un poste de conseiller auprès de l'Etat-Major mais il ne veut pas entendre parler de repos.
Voix-off : Après son retour de captivité en février 1918, Garros a mis des mois pour se remettre à niveau. Il y a eu en effet de nombreux progrès techniques dans l'aviation depuis 1915 ! Grâce à l'ingénieur Fokker, les Allemands ont développé le tir synchronisé : les balles ne touchent même plus les hélices. Plus besoin de déflecteurs ! Désormais, la technique de Saulnier est dépassée. Quant aux constructeurs comme Blériot, ils ont continué à former de plus en plus d'as du pilotage, dont une bonne partie, une fois la guerre terminée, a participé à l'essor des premiers vols commerciaux.
François Gindre - Mon dieu, Garros a été tué ! Je viens d'apprendre que son avion s'est écrasé non loin d'ici, à Saint-Morel, après avoir été abattu en plein combat ! Et moi qui viens de prendre ce qui est certainement le dernier cliché de lui... Sûr que ce grand bonhomme entrera dans la légende et cette photo aussi peut-être, qui sait ?
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