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Suippes, Monument aux Morts

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Suippes, Monument aux Morts

Des terres marquées à jamais par la guerre

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Le Monument aux Morts de Suippes
Il a été construit à la fin des années 1920 au centre de la commune par le sculpteur Félix-Alexandre Desruelles, qui a également réalisé celui d'Arras et le mur des fusillés à Lille.
Augustin :
Depuis le début de mon périple, j'en ai vu beaucoup des Monuments aux Morts. Mais celui là est très original avec cette femme qui tient une gerbe de blé. Le plus souvent, ce sont des combattants qui sont représentés.
Essayons de comprendre : cette jeune paysanne se recueille devant une tombe. Et puisqu'il y a un casque, c'est qu'elle est face à la sépulture provisoire d'un soldat. Donc ici, c'est la vie qui reprend avec le blé qui pousse.
Ce qui est original aussi, c'est la date de ce monument. Selon les archives que j'ai consultées, il a été inauguré en 1930. Beaucoup plus tard que les autres. Tout simplement parce que le village a été détruit et qu'il a d'abord fallu le reconstruire.
Suippes a subi de gros dégâts, tout comme d'autres villages des alentours. Juste après la guerre, 5 communes, Ripont, Tahure, Perthe-les-Hurlus, Hurlus et le Mesnil-les-Hurlus, ont été tout simplement rayées de la carte. Plutôt que de les reconstruire, la France a préféré y créer le camp militaire de Suippes et ceux de Moronvilliers et Nauroy. Ces villages sont déclarés " morts pour la France " en 1950. On dit que c'est une zone rouge, c'est-à-dire encore polluée par la présence de munitions comme des obus ou des grenades.
François Gindre (devant un panneau Zone Rouge, avant le secteur interdit. Il lit le panneau)
Zone Rouge. Ce panneau fait peur. Je me demande ce que diront les prochaines générations quand ces endroits seront encore interdits d'accès. Certains penseront que c'est à cause du sang versé dans ces villages. A moins que d'autres pensent à la fleur rouge, le coquelicot, symbole des combattants du Commonwealth 
Non, c'est beaucoup simple que ça : en 1919, le ministère des régions libérées a publié une carte avec 3 zones de 3 couleurs : verte, jaune et rouge. Les deux premières zones ont été rendues à la vie publique.
La zone rouge est interdite d'accès au grand public. Et à mon avis, ça va durer longtemps. Je ne suis pas prêt d'aller faire des photos là-bas.
Dans ces villages classés en zone rouge, tout est resté en l'état : les tranchées, les blockhaus et aussi de nombreux projectiles et munitions qui remontent chaque année à la surface. A partir de 1922, le secteur a été reconverti en un camp de 14 432 hectares, trois fois la surface de la ville de Reims.
Augustin :
(Il lit le panneau) " Défense d'entrer. Terrain Militaire. "
Ça m'aurait pourtant bien plu d'aller voir ce qu'il reste de ces villages fantômes. Celui de Mesnil-les-Hurlus par exemple. J'ai lu qu'il y a encore les ruines du choeur de l'Eglise.
J'aurais bien aussi vu Tahure où des combats très violents ont eu lieu. Les Allemands s'y étaient retranchés après la 1ère bataille de la Marne. Tellement violents que des anciens combattants ont souvent dit " j'étais à Tahure " comme d'autres disaient " j'ai fait Verdun ".
Ces 5 villages détruits non rebâtis, dont les territoires constituent des camps militaires, sont rattachés administrativement à d'autres communes dès 1950. Par exemple, Perthe-les-Hurlus dépend de Souain qui lui, a été rebâti.
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