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Souain

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Tous égaux devant la mort

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Souain
Au coeur des combats de la 1ère guerre mondiale, cette commune abrite trois nécropoles, notamment celle de la Crouée où se rend maintenant Augustin, notre journaliste.
Augustin :
La voilà cette 3ème nécropole nationale, la 1ère de la Marne aussi.
Ces tombes à perte de vue, c'est impressionnant : plus de 60 000 mètres carrés !

Depuis 1919, plus de 30 700 corps de soldats français reposent ici. Mais seuls 9050 ont été identifiés et ont pu être être enterrés dans une tombe individuelle. Les autres sont regroupés dans 8 ossuaires numérotés selon les lieux où sont morts ces hommes. A Souain pour les numéros 1 et 4 par exemple.
Augustin : (s'adressant à une dame qui vient de le renseigner)
Merci infiniment madame... Bon retour !
Voilà maintenant, je comprends mieux d'où viennent ces soldats rassemblés ici. L'exemple de l'arrière grand oncle de cette dame enterré dans la nécropole est très parlant. Il s'appelait donc... (Augustin relis ces notes) Georges. Soldat au 42ème Régiment d'Infanterie Coloniale. Il est mort à l'âge de 21 ans, le 25 septembre 1915 à ... (il hésite) à Bussy le Château. Bussy le Château, c'est à 15 kilomètres d'ici.
Comme celui de Georges, ces corps ont donc été d'abord inhumés dans des petits cimetières aux alentours : Souain, Hurlus, St Hilaire le Grand, Suippes...
Au début de la guerre, la France enterre encore ses soldats dans des fosses communes. Notamment parce que leur identification est difficile. Les noms sont parfois écrits à la craie sur des croix de bois. Pour d'autres, on place sur le corps, une bouteille avec à l'intérieur un papier portant l'identité du soldat tué. Mais ces procédés ne sont pas fiables et les familles font pression. Certaines vont même jusqu'à rechercher les corps de leurs proches en pleine nuit. Finalement, en décembre 1915, une loi fixe en France le principe de la tombe individuelle et perpétuelle pour les soldats. L'Allemagne le faisait déjà dès le début du conflit avec ses propres combattants.
Augustin :
Quelques minutes de marche vers la colline... et on y arrive : la nécropole Allemande de Souain. 13 786 soldats, tous allemands, sont inhumés ici.
Et notamment le peintre expressionniste Auguste Make, tué en 1914 à Perthe les Hurlus.
Un cimetière allemand juste à côté d'un cimetière français, ça surprend toujours. Les soldats sont égaux devant la mort...
Un 3ème cimetière se trouve à Souain. La nécropole nationale de l'Opéra est un endroit très atypique. Ça n'a pas échappé au photographe François Gindre.
François Gindre : C'est tout l'inverse de la gigantesque nécropole de la Crouée : 144 corps seulement. Ces soldats français sont morts alors qu'ils étaient soignés par une ambulance divisionnaire. Chaque corps d'armée possédait une unité de ce type chargée de préparer l'évacuation des blessés.
Ça me rappelle ce que m'a raconté un jour un médecin qui servait pendant la guerre dans une ambulance. Il me disait que les blessés étaient d'abord pansés. On leur remplissait une fiche de diagnostic (blanche pour les non évacuables, rouges et blanche pour les évacuables). Ceux-là partaient le soir ou le lendemain matin vers des hôpitaux de campagne.
Nécropole de l'Opéra... Etrange ce nom. C'est une idée des soldats à cause de la forme circulaire du site pendant la guerre. Comme un opéra. Le cimetière a été aménagé ensuite par la famille d'un des combattants inhumés ici.
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