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L'Ossuaire de Navarin

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L'Ossuaire de Navarin

10 000 combattants et un Général

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Le Monument-Ossuaire de Navarin
Augustin (qui consulte une carte sur son Smartphone) : C'est ici donc, l'Ossuaire de Navarin. C'est bien cette pyramide de béton et de grès rose que j'avais vue sur des photos.
Cette inscription gravée est claire (ton lecture) :
" Ce monument-ossuaire abrite les restes de 10 000 combattants tombés sur le front de Champagne. "
Et ces trois statues... qui representent elles ?
Je reconnais au centre le Général Gouraud, Henri Joseph Eugène Gouraud, celui qui commandait la 4ème Armée ici pendant la guerre. C'est lui qui a dirigé les soldats français sur ces terres.
Mais ... ça ne se voit pas sur cette statue, mais il a perdu un bras après une blessure dans les Dardanelles.
Quand il est mort en 1946, le Général Gouraud a voulu être inhumé au milieu des hommes qu'il a commandés en Champagne.
Donc lui c'est le Général Gouraud... mais les deux autres. Je ne vois pas...
Bon je vais appeler le Xavier Gouraud, le petit neveu du Général.
(Il compose un numéro....)
Allo ? Général Gouraud ? Je suis devant l'ossuaire. Dites-moi, qui sont les deux hommes qui entourent votre grand oncle sur le monument ?
Xavier Gouraud :
Alors à côté, les deux poilus qui sont là,
A droite, on reconnait nettement Quentin Roosevelt, qui est mort le 14 juillet 1918, il était le fils du président Théodore Roosevelt, qui a été président des Etats-Unis dans la première décennie du 20ème siècle.
Il faut se souvenir qu'il y avait un lien très fort entre le Général Gouraud et les Américains. En 1918, une des premières divisions engagées a été la 42ème au sein de la 4ème Armée. Elle a participé donc à cette grande victoire défensive
Augustin : Et à gauche ?
Xavier Gouraud :
A gauche, c'est le frère du sculpteur, Maxime Real del Sarte. Il a cette caractéristique d'avoir lui même fait la guerre, puisqu'il a été blessé aux Eparges. Il a perdu le bras gauche."
L'ossuaire se trouve à l'emplacement d'une ancienne ferme : la ferme de Navarin. Son propriétaire l'aurait appelée ainsi après avoir participé à la bataille navale de Navarin, en 1827 contre les Turcs lors de la guerre d'indépendance de la Grèce.
François Gindre :
Le Général Gouraud... c'est lui sur cette photo. Je l'ai prise pendant la guerre à la libération du village de Sommepy en septembre 1918. Une belle victoire pour lui parce Sommepy était occupé depuis le début de la guerre.
Ses hommes percent les lignes allemandes le 26. En 24 heures seulement, ils prennent le sommet et les contre pentes des buttes de Navarin, de Souain, de Tahure, du Mesnil et de la Main de Massiges.
Et deux jours plus tard, le village est entièrement libéré.
Je me souviens très bien du Général. De son visage surtout, un visage de marin avec sa barbe rude. Il arrivait à vous fixer longtemps sans jamais cligner des yeux. Un vrai personnage. Le ministre de la guerre, le Général Lyautey disait de lui : " Il n'y a qu'à le voir pour avoir confiance. Il est tout attraction, tout fluide. Il n'y a qu'à voir le prestige qui l'a entouré partout où il a commandé pour savoir quel rayonnement il exerce. Je mets ses qualités au-dessus de toutes les autres et je suis convaincu que quand on commande, comme lui, avec la foi, avec l'accueil, la main ouverte, tout va bien... "
Augustin :
Il avait raison... Tiens j'ai noté là un détail : en 17 jours de combat, l'armée de Gouraud a délivré 80 villages, fait plus de 21 000 prisonniers, enlevé à l'ennemi 600 canons et 3500 mitrailleuses.
Le jour de l'Armistice, le 11 novembre, le Général Gouraud s'adresse à ses hommes. Il leur dit ceci : " Soldats de la 4ème armée. L'armistice est signé qui consacre la victoire de la France et de ses alliés. Vous avez le droit de vous réjouir et d'être fiers, car votre part y est grande ".
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