La Grande Guerre sur le Front Occidental : les Ardennes et la Marne >

Dormans

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Le mémorial national des batailles de la Marne

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Voix-off - La nouvelle étape du parcours de notre journaliste, c'est Dormans. Là, se dresse le Mémorial des Batailles de la Marne, immense édifice perché sur un promontoire, constitué d'une crypte à demi-enterrée sur laquelle se trouve la grande chapelle, d'un cloître à colonnades, d'une cour et d'un ossuaire. La construction de l'ensemble a débuté en 1920 et s'est achevée en 1931.
Augustin off - Waouh,; quelle surprise ! je n'imaginais pas un bâtiment aussi imposant. Avec ses escaliers et sa stature, d'en bas, il me faisait penser au Sacré- Coeur de Montmartre. Il fallait au moins ça pour rendre hommages aux 4500 soldats qui sont morts dans les environs entre 14 et 18. Mais Dormans, c'est surtout un point synthétique des deux batailles de la Marne, comme a dit Foch. Pourquoi cela ? Voyons ce que disent les notes que j'ai tirées du carnet de mon cher photographe de guerre...
François Gindre (lisant ses notes sur son carnet) - Arrêté quelques jours à Dormans fin juillet 1918, j'y ai vu passer la contre-attaque des armées alliées. La commune avait déjà été un point de passage de l'offensive allemande il y a quatre ans, avant d'être stoppée par les hommes de Foch dans les marais de Saint-Gond. C'est drôle, on pourrait dire maintenant que la boucle est bouclée, mais non. La guerre continue encore. Certes, nous avons pris une sérieuse option sur la victoire avec cette deuxième grande bataille dans la Marne. Mais malgré leur défaite récente et le blocus imposé par la France et l'Angleterre sur les matières premières, les troupes allemandes restent puissantes. En plus, l'armistice signé avec la Russie a libéré le front oriental du conflit, ce qui a grossi les rangs allemands de notre côté...
Voix-off : Augustin a donné rendez-vous à l'intérieur de la Chapelle à Monsieur Goin, adjoint au maire de Dormans.
Augustin - Bonjour M. Goin. C'est étonnant ! Ces vitraux représentent des anges et des poilus ensemble. Et ces statues qui représentant des héros de guerre... La vocation du mémorial est-elle religieuse ou militaire ?
Gérard Goin - Concernant le mémorial, les sculptures et la statuaire, on retrouve le religieux et le militaire en harmonie, suivant la volonté des trois principaux fondateurs du mémorial, monseigneur Tissier, évêque du diocèse de Chalons, le maréchal Foch et la duchesse d'Estissac, patriote et fervente croyante. Le militaire et le religieux ont toujours été étroitement liés, en témoignent les saints patrons des diverses armes qui composent nos armées.
Voix-off - Saint Maurice patron de l'Infanterie et des Légionnaires, Saint Michel patron des parachutistes... Les aviateurs, eux, en ont même deux !
Ce que l'architecture du mémorial dit au visiteur, c'est qu'il y a aussi une voie religieuse pour le devoir de mémoire. On peut directement lier ceci avec l'importance de la religion à cette époque mais aussi avec l'espoir renaissant, à partir d'octobre 1918, que la guerre s'arrête enfin alors que personne, pas même Foch, ne l'envisageait vraiment.
La construction de l'ossuaire de Douaumont, dans la Meuse est d'ailleurs né de cette même vocation au début des année 30 : offrir un espace pour prier le million de morts de la Grande Guerre.
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