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Gouarec

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A Gouarec, l'ancienne cité Se trouvent tous les trésors de la contrée...

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Ce matin, Pierrick aperçoit une loutre. Un gardon entre les dents, elle file, maline, avant que le jour se lève tout à fait. Un sourire pour la chapardeuse et le garçon retourne s'occuper de la jument, tout en surveillant ses lignes autour desquelles tourne un brochet.

Trois autres chalands sont amarrés autour de l'Aurore, sur le quai de Gouarec, l'un des ports les plus actifs de la région en 1895. Les charretiers discutent entre eux, l'un d'eux affirme :
Bientôt les rails viendront jusqu'au quai, à ce qu'il paraît ! On pourra prendre le traëz directement à la gare.
Ça nous gagnerait du temps... Je viens de loin pour chercher du sable de mer !
Et moi pour vendre mes choux et mon grain !
En 1911, le rail arrive en effet au canal, à Gouarec. Le Marc'h Du sera alors, pour quelques années, le meilleur allié des mariniers, dans ce carrefour où se croisent, depuis près de 1000 ans, tous les trésors de la contrée.
Marthe vient chercher Pierrick, occupé à laver le pont :
Viens m'aider, je vais faire les courses et demander un remède aux soeurs... Ann a de la fièvre!
Pierrick la suit dans les rues pavées de neuf. L'ancienne cité fortifiée, construite autour du château médiéval des Rohan, bouillonne d'activités. Les maisons des marchands, toutes en pierres de schiste et en ornements, donnent de la majesté à cette petite ville de marché.
Sur la place centrale, près de l'imposant " logis du Sénéchal ", le nouvel hôtel de ville à arcades impressionne le garçon. Quant aux étals des halles, avec ses charcuteries, ces fruits et ses choux à foison, ils lui paraissent bien alléchants, après tant de jours de marche. Quel pays, Gouarec !
Marthe oblique rue du Lin et frappe à la porte des Augustines.
C'est pour ma fille, elle a de la fièvre.
Amenez-là, nous avons un hôpital !
Nous sommes mariniers, nous repartons tout de suite...
Quelle sorte de fièvre est-ce ?
Tantôt elle grelotte comme un perdreau, tantôt elle sue à grande eau.
La fièvre intermittente ! Je vais vous donner de l'extrait de Quinquina, l'écorce du Pérou. Depuis le temps des bagnards, nous en gardons toujours un peu.
Le paludisme ! On l'attrapait dans les marais et sur les landes hautes, autrefois. Marthe comprend qu'il faut faire vite... Pierrick, lui, se souvient des mauvais coups de froid qu'il attrapait en allant à la pêche. Dès que Marthe tourne les talons, il file infuser de l'écorce de saule blanc, pour chasser la fièvre du corps de la fille des " gens de l'eau "...
Avale ça ! Et pour que tu guérisses encore plus vite, je te prête ma " croisette " de Coray et mon morceau de chêne de Saint-Théleau !
La croix de pierre, glissée dans ses mains brûlantes, lui fait l'effet d'une brise. Bercée par le balancement de la coque, elle se rendort alors que le chaland double l'ancien Castel Cran.
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